Avancées dans l'enquête sur le meurtre d'un chroniqueur et défenseur de l'environnement

Reporters sans frontières salue les avancées de l'enquête menée par les autorités des Philippines sur le meurtre, le 24 janvier dernier, de Gerardo Ortega, chroniqueur sur la station Radio Mindanao Network (RMN) dwAR, basée dans l’île de Palawan. L'organisation encourage les autorités locales à poursuivre leurs efforts pour faire la lumière sur cet assassinat, de toute évidence lié au travail journalistique de la victime.

La police avait immédiatement arrêté l'auteur du coup de feu mortel sur les lieux du crime, alors que son complice était parvenu à s'échapper. Selon les premiers éléments de l'enquête, il s'agirait d'un meurtre commandité par des personnes influentes, liées à des compagnies minières, qui avaient promis 150 000 pesos pour l'élimination du journaliste. Le détenteur de l'arme serait un avocat connu pour défendre les intérêts de grandes exploitations minières.

   

Roland Amurao, chef de la police locale, a déclaré que "les deux hommes qui les ont payés ont dit que leur patron voulait réduire Ortega au silence ". Le journaliste menait un combat pour dénoncer les effets néfastes de ces exploitations minières sur l'environnement de l'île de Palawan.

   

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Un journaliste de radio assassiné  -  23-01-2011

   

Connu pour son franc-parler, Gerardo Ortega, présentateur de l'émission quotidienne "Ramatak", sur la station Radio Mindanao Network (RMN) dwAR, basée dans l'île de Palawan (ouest des Philippines), a été assassiné d'une balle dans la tête, lundi 23 janvier 2011. Les autorités ont arrêté le présumé coupable sur les lieux du crime, un calibre 45 dans les mains. Marvin Alacarz est un résident de Manille. Le mobile du crime reste encore incertain.

  

Reporters sans frontières témoigne tout son soutien aux proches et aux collègues du journaliste et encourage les autorités locales à révéler, rapidement, les motifs et les circonstances de cet assassinat. L'organisation est horrifiée par cet acte barbare, et appelle, une nouvelle fois, le gouvernement à assurer la protection des journalistes.

   

Il est temps que les promesses de Benigno Aquino, président des Philippines depuis juillet 2010, qui avait annoncé une meilleure sécurité pour les journalistes dans son pays ainsi que la fin de la culture de l'impunité, deviennent une réalité. L'impunité reste le mal principal qui ronge le pays.

   

Au moment de son assassinat, Gerardo Ortega, également appelé "Doc Gerry" se trouvait dans un magasin de vêtements, dans la ville de Puerto Princessa, capitale de la province de Palawan, située à 592 kilomètres au sud de Manille. L'avocat de la famille Ortega, Joselito Alisuag, a déclaré que cet assassinat ne pouvait qu'être lié au travail journalistique de la victime, puisque celle-ci "n'avait ni ennemi personnel ni vice particulier."

   

Selon la National Union of Journalists of the Philippines (NUJP), 142 journalistes ont été tués depuis la restauration de la démocratie en 1986. Les Philippines, figurant au 156e rang du classement mondial de la liberté de la presse, élaboré par Reporters sans frontières en 2010, demeure un des pays les plus violents pour les journalistes. Les présentateurs de radios locales sont particulièrement exposés aux menaces et aux attaques.

Publié le 26.01.2011
Mise à jour le 01.03.2022