Arabie saoudite : RSF et la Fondation Giordano Bruno appellent à la libération de Raif Badawi

Alors qu’il aurait dû être libéré le 28 février au terme des dix ans de prison auxquels il a été condamné, le blogueur Raif Badawi se trouve toujours derrière les barreaux. Reporters sans frontières (RSF) et la Fondation Giordano Bruno (GBS) appellent les autorités saoudiennes à se conformer à la condamnation de justice initiale qui a été rendue et purgée.

Le silence des autorités saoudiennes est interminable. Après avoir passé dix ans en prison pour “insulte à l’islam” à l’issue d’une condamnation en appel en 2014, Raif Badawi devait purger les derniers jours de sa peine et recouvrer la liberté, mais il demeure incarcéré sans explication. 


Sa détention - dénoncée comme arbitraire par Reporters sans frontières (RSF), la Fondation Giordano Bruno (GBS, basée en Allemagne) - qui a décerné le prix Deschner au blogueur en 2016 - et de nombreuses organisations internationales, est désormais illégale même selon le droit saoudien. 


Selon des informations recueillies par RSF, des négociations sont en cours entre des Etats de l’Union européenne et le royaume pour permettre sa libération. Des sources concordantes parlent de “signaux encourageants” qui annoncent sa libération possible dans le courant du mois de mars. Néanmoins, les organisations mobilisées pour Raif Badawi se heurtent à l’absence de réaction de la part des représentants saoudiens, qui n’ont à ce jour donné aucune confirmation officielle ni annoncé de date précise. RSF a par ailleurs contacté les autorités saoudiennes à plusieurs reprises pour leur demander des explications et obtenir des nouvelles du blogueur, en vain. 


La détention continue de Raif Badawi est scandaleuse, après dix ans de peine qu’il n’aurait jamais dû purger, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. En le maintenant en prison, les autorités saoudiennes allongent encore leur liste de crimes contre la liberté de la presse. Trop, c’est trop ! Les débats publics ne sont pas un crime, le journalisme n’est pas un crime. Raif Badawi doit être libéré sans plus tarder !”


Beaucoup de réformes que Raif Badawi a demandées il y a dix ans ont désormais été mises en place par les autorités saoudiennes, affirme pour sa part Michael Schmidt-Salomon, le président de la GBS. Nous espérons par conséquent que les autorités saoudiennes reconnaîtront cela et donneront à Raif Badawi l’opportunité de revoir enfin son épouse et ses enfants après si longtemps.”


À l’absence de transparence des autorités saoudiennes s’ajoute la confusion de départ autour du calendrier judiciaire en vigueur dans le royaume. L’administration utilise le calendrier hégirien, en vertu de la tradition islamique, et non le calendrier grégorien, le plus répandu dans le monde. Le 26 Rajab 1443, Raif Badawi a totalisé dix années hégiriennes derrière les barreaux, ce qui équivaut au 28 février 2022 de notre ère. En utilisant le calendrier grégorien, sa date de libération aurait été fixée au 17 juin 2022, à compter de la date de son emprisonnement en 2012.


L’Arabie occupe la 170e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

Publié le 09.03.2022
Mise à jour le 09.03.2022