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7 décembre 2017 - Mis à jour le 15 décembre 2017

Yémen: 41 journalistes retenus en otage dans les locaux de leur télévision

Depuis le 2 décembre dernier, 41 journalistes sont retenus par les forces houthis au sein du bâtiment de leur chaîne Yemen Al Youm. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette prise d’otage et tient les houthis responsables de la sécurité des journalistes. L’organisation de défense de la liberté de la presse appelle à leur libération immédiate.


Quarante et un journalistes et collaborateurs de média sont retenus otages depuis plus de trois jours par les rebelles houthis dans les locaux de leur chaîne Yemen Al Youm TV, affiliée au parti du Congrès général du peuple auquel appartenait l’ancien président Ali Abdullah Saleh, décédé le 4 décembre dernier. Les rebelles houthis ont tiré sur le bâtiment de la chaîne à coup de lance-roquettes, avant d’en prendre le contrôle total le 2 décembre dernier. Selon des sources recueillies par RSF, trois gardes ont été blessés lors de l’attaque. La diffusion de la chaîne a été interrompue.


RSF condamne les agissements violents des houthis à l’encontre des journalistes qui constituent des violations graves aux Conventions de Genève, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation. Cette prise d’otage est représentative du climat d’hostilité qui prévaut au Yémen contre les journalistes souvent pris à parti dans ce conflit. Nous demandons aux rebelles houthis de libérer immédiatement les journalistes et employés de la chaîne ainsi que les onze autres professionnels et collaborateurs des médias qu’ils détiennent dans leurs prisons”.


RSF ignore les conditions de détention des journalistes qui sont privés de communication avec l’extérieur. Selon nos sources, les journalistes auraient été forcés de communiquer les codes d’accès de la chaîne, et les houthis en ont profité pour diffuser leurs propres informations et notamment un discours de leur dirigeant, avant que la diffusion ne soit à nouveau interrompue. Des sites de médias proches du parti du camp rival rebelle de Saleh ont été bloqués tels que Al Methaq (son service “mobile” et internet).


Les houthis détiennent aujourd’hui le plus grand nombre de journalistes otages du pays. Le journaliste Yahya Abdelraqib al-Jubaihi, enlevé le six septembre 2016 à son domicile, avait été condamné à mort en avril avant d’être libéré en septembre dernier.


Au moins 12 journalistes et collaborateurs de médias sont actuellement détenus par des groupes armés dans le pays, parmi lesquels les Houthis et Al-Qaida. Le Yémen figure à la 166e place (sur 180) du Classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.