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12 septembre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Win Tin renvoyé en cellule


Reporters sans frontières et la Burma Media Association se félicitent du transfert, le 27 juillet, du journaliste Win Tin, à l'hôpital général de Rangoon, mais continuent à demander sa libération. Le plus célèbre des journalistes birmans souffre depuis début juillet d'une infection urinaire et de douleurs hémorroïdales.
9.09.2002 Le 6 septembre, Win Tin a été réincarcéré dans sa cellule de la prison d'Insein après un mois et demi à l'hôpital général de Rangoon. Selon un docteur de cet établissement interrogé par la radio DVB, des raisons autres que l'amélioration de l'état de santé du journaliste seraient à l'origine de ce nouveau transfert. _________________________________________________________ 19.08.2002 Aye Thar Aung, prisonnier politique libéré le 16 août 2002, a donné une interview à la radio Democratic Voice of Burma (DVB) dans laquelle il a apporté des détails sur la situation de Win Tin. Les deux hommes ont en effet été transférés ensemble à l'hôpital général de Rangoon. Aye Thar Aung a tout d'abord confirmé que l'état de santé du journaliste s'était dégradé au cours du mois de juillet. Il souffre d'hémorroïdes, de problèmes cardiaques et de tension artérielle. L'ancien compagnon de détention de Win Tin a justifié leur "grève d'hôpital" par la façon déplorable dont ils étaient traités à l'hôpital, dans des conditions "pires que la prison". "Les portes de nos petites chambres étaient fermées, il n'y avait pas de ventilations, et pas assez de lumière", a-t-il déclaré à la DVB. Devant leur résistance, les gardiens leur ont simplement fait savoir que leurs récriminations avaient été transmises en haut lieu. Aye Thar Aung a précisé que les membres des services secrets militaires prenaient quotidiennement des photos d'eux, au cours de leurs examens médicaux, leurs repas, ou pendant leur sommeil. Les militaires se sont justifiés en expliquant en premier lieu qu'ils allaient diffuser ces photos sur Internet, puis qu'elles étaient nécessaires pour leurs archives. Les quatre prisonniers y ont vu quant à eux une volonté de manipulation à des fins de propagande. _________________________________________________________________ 11.08.2002 Quatre prisonniers d'opinion, dont le journaliste Win Tin, ont entamé une "grève d'hôpital". Ils ont demandé aux autorités de les ramener en prison s'ils n'étaient pas traités comme des "patients normaux" de l'hôpital de Rangoon. Win Tin, Aye Thar Aung, Htwe Myint et le docteur Than Nyein reprochent aux autorités de les avoir transférés de leur cellule à l'hôpital mais sans leur fournir les traitements ou les opérations dont ils ont besoin. _______________________________________________________ 29.07.2002 Selon la radio Democratic Voice of Burma, le journaliste et opposant Win Tin, emprisonné depuis treize ans, a été transféré le 27 juillet au pavillon des prisonniers de l'hôpital général de Rangoon. _________________________________________________________________ 24.07.2002 "En mars 2002, nous avions exprimé nos craintes qu'un retour en prison, après plusieurs semaines à l'hôpital, du journaliste Win Tin puisse mettre sa vie en péril. Aujourd'hui, nous constatons avec effroi que l'attitude criminelle de votre gouvernement envers les prisonniers politiques fait craindre le pire pour l'un des plus célèbres d'entre eux", ont déclaré les responsables de Reporters sans frontières et de la Burma Media Association, dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, le Colonel Tin Hlaing. Les deux organisations ont fait part de leur vive inquiétude quant à la dégradation récente et rapide de la santé de Win Tin. Elles ont demandé sa libération et son transfert à l'hôpital au plus tôt, et se sont proposées pour payer les frais d'hospitalisation. "Au cours des treize années de son emprisonnement, les autorités n'ont jamais montré la moindre compassion envers Win Tin, âgé de 72 ans. Une telle négligence volontaire a déjà coûté la vie à plusieurs journalistes", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. U Thaung, le président de BMA, a ajouté : "La libération de U Win Tin pourrait améliorer sensiblement l'image du régime militaire." Selon plusieurs sources contactées par Reporters sans frontières, la santé du journaliste Win Tin s'est dégradée début juillet 2002. Il a alors commencé à souffrir de douleurs hémorroïdales et d'une ancienne infection urinaire, à l'origine de troubles de la prostate. Lorsqu'un médecin l'a examiné au cours de la deuxième semaine de juillet, il était déjà affaibli. Il a pourtant demandé au médecin de le soigner avec les médicaments les moins chers, ne voulant pas inquiéter l'ami qui lui rend visite depuis dix ans et dont il sait qu'il n'a pas les moyens de payer un traitement coûteux. Un gardien de prison, qui a sympathisé avec Win Tin et avait assisté à la scène, a néanmoins averti l'ami du journaliste. "C'est un homme de fer et il ne montre jamais aucun signe de dépression. Mais cette fois, je suis très inquiet pour sa santé", a déclaré le gardien. Les treize années d'emprisonnement de Win Tin ont été émaillées de graves problèmes de santé et d'un incessant va-et-vient entre sa cellule et la prison de l'hôpital. Le journaliste a eu deux attaques cardiaques, a été opéré d'une hernie et a souffert d'hypertension artérielle, de diabète et d'inflammation des vertèbres. Le 20 mai dernier, après avoir passé plusieurs mois à l'hôpital général de Rangoon, Win Tin réintégrait sa cellule spéciale, chambre 10, de la prison d'Insein. Signez la pétition