Actualités

11 novembre 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Vive inquiétude : Les journalistes cibles récurrentes des milices armées libyennes


Reporters sans frontières (RSF) dénonce les récentes agressions commises par des milices armées contre des journalistes libyens. La désagrégation de l’Etat libyen et l’absence d’une quelconque incrimination des auteurs de crimes créent un climat d’insécurité, extrêmement dangereux pour le droit à l’information.
Ne dépendant d’aucune autorité étatique, les milices armées libyennes sont incontrôlables. Leur poids est particulièrement renforcé dans un pays où les équilibres politico-militaires demeurent volatiles face à l’affrontement que se livrent les camps rivaux de Tripoli et de Tobrouk. A l'origine de 31 agressions contre des journalistes libyens cette année, ces groupes n’hésitent pas à kidnapper ceux qui osent dénoncer leurs dérives. Dernière en date, la disparition de Mohamed Neili, photographe de l’agence de presse chinoise Xinhua, le 29 octobre dernier, reste entourée de mystères. Selon nos sources, le journaliste se rendait au sud de Tripoli au moment de sa disparition. Il aurait été enlevé par des hommes armés en plein jour. Cette affaire n’est pas sans rappeler l’enlèvement de Mohamed El Hedi Dango, le 29 octobre 2014. Freelance, Mohamed a été kidnappé à Tripoli par une milice armée proche de Fajr Libya, au motif qu’il aurait été un proche de l’ancien régime de Kadhafi. Les informations qui nous ont été communiquées indiquent qu’il serait retenu à Misrata. “Il est urgent que lumière soit faite sur ces disparitions, déclare Yasmine Kacha responsable du bureau RSF Maghreb. En l’absence d’un gouvernement libyen, nous en appelons à la mission des Nations unies en Libye et à son nouveau représentant spécial, Martin Kobler, afin qu’il se saisisse de la question de la lutte contre l’impunité, et notamment du chantage que font subir les milices armées aux journalistes”. La poursuite de Mohamed Rhouma et de AbdelMonem Jhimi, respectivement photographe et journaliste freelances, le 2 novembre 2015, fait aussi partie des dernières exactions recensées par l’organisation. Alors qu’ils venaient de terminer un reportage dans la ville de Sabha, les deux hommes ont été poursuivis en voiture par un groupe armé. Heureusement pour eux, ils ont réussi à se cacher et leurs familles, dépêchées sur place, leur ont assuré la protection nécessaire pour retourner chez eux. Pour rappel, RSF avait déjà exprimé en juin 2013, sa plus vive inquiétude quant à la responsabilité des milices armées dans les attaques commis contre les journalistes. La Libye est 154e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2015.