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28 janvier 2016 - Mis à jour le 19 mai 2016

Visite officielle : François Hollande osera-t-il regarder Raúl Castro droit dans les yeux ?


Le dirigeant cubain Raúl Castro sera reçu à l’Elysée les 1er et 2 février 2016. L’occasion pour Reporters sans frontières (RSF) de rappeler la situation désastreuse pour la presse indépendante à Cuba, et d’exhorter François Hollande à ne pas fuir ses responsabilités.

Raúl Castro, Président du Conseil d’Etat et du Conseil des Ministres de la République de Cuba - mais également général des armées et premier secrétaire du parti Communiste- sera reçu par François Hollande lors d’une visite officielle en France les 1er et 2 février prochain.


Cet évènement s’inscrit dans la continuité du voyage du Président français à Cuba, le 10 mai 2015. A l’époque, Reporters sans frontières avait rappelé François Hollande aux bons souvenirs de ses déclarations publiques, mais ce voyage n’avait abouti à aucune avancée significative sur la question de la liberté de la presse sur l’île.


RSF s’interroge donc sur les raisons de cette nouvelle rencontre avec le dirigeant de l’un des pire pays de la planète pour la pratique du journalisme. À Cuba, les journalistes et blogueurs indépendants sont confrontés quotidiennement à la répression du régime castriste, au pouvoir depuis 57 ans. Le gouvernement a un monopole quasi-total sur la diffusion de l’information et a muselé la presse libre et d’opposition à grands renforts de lois et de répression policière.


Les journalistes cubains qui tentent de résister à cette mainmise sont victimes d’intimidations, de menaces, d’arrestations arbitraires et se voient confisquer leur matériel professionnel.


“Reporters sans frontières enjoint François Hollande de ne pas esquiver la question fondamentale de la liberté de la presse à Cuba lors de ses échanges avec Raúl Castro, déclare Emmanuel Colombié, chef du bureau Amérique latine pour RSF. Les innombrables attaques du gouvernement castriste contre les journalistes de son propre pays sont intolérables. La France doit profiter de cette visite pour faire avancer le débat sur le pluralisme des médias et sur la protection des journalistes à Cuba.”


La fin progressive de l’embargo et le réchauffement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, symbolisé par la dernière visite de John Kerry à La Havane, n’a laissé entrevoir jusqu’ici aucune amélioration de la condition des journalistes cubains. Au contraire, lors des derniers mois, la pression s’est accentuée contre la presse d’opposition. Chaque dimanche, les reporters qui couvrent la traditionnelle marche des ‘Damas de Blanco’ sont systématiquement arrêtés et placés en détention, avant d’être relâchés quelques heures plus tard. Lors de la récente visite du pape, des journalistes d’opposition et des blogueurs ont été invités par la police secrète à rester chez eux pendant le passage du souverain pontife, sous peine d’être eux aussi envoyés en prison.


Cuba est le dernier pays d’Amérique latine au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. ll occupe en 2015 la 169ème place sur 180 pays.