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24 février 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Une poupée à l'effigie d'un journaliste brûlée publiquement, RSF condamne un acte odieux


Reporters sans frontières (RSF) est consternée d’apprendre qu’une poupée à l’effigie d’un journaliste croate, Ante Tomic, chroniqueur pour le quotidien Slobodna Dalmacija, a été brûlée lors d’une manifestation publique le 17 février. L’organisation condamne fermement cette attaque et demande aux autorités de réagir.
C’est à la fin d’un carnaval populaire de la petite municipalité de Proložac (sud du pays), et au terme d’un discours à charge contre le journaliste Ante Tomic, reconnu “coupable” de tous les maux de la société croate, qu’une poupée à son effigie a été brûlée. “Est-il possible qu’en 2015, dans un pays membre de l’Union européenne, on puisse brûler symboliquement un journaliste devant une foule sans rendre des comptes à la justice ? Cette agression insupportable doit faire l’objet d’une enquête pour ce qu’elle est : une menace de mort”, déclare Lucie Morillon, directrice des programmes de Reporters sans frontières. Le procédé n’est pas nouveau : il y a un an, dans une manifestation similaire du village d’Omis, une poupée représentant le journaliste Vinko Vukovic, lui aussi du quotidien Slobodna Dalmacija, avait été brûlée sur la place publique. Ante Tomic, qui est originaire de Proložac, avait été victime d’une agression le 23 février 2014, alors qu’il était à la terrasse d’un café dans la ville de Split. Un homme lui avait alors jeté un sceau d’excréments au visage et lui avait ensuite lancé : “Maintenant tu peux écrire sur moi”. Suite à cette agression, le journaliste a porté plainte. Bien que la police ait annoncé disposer d’images de vidéo surveillance permettant d’identifier l’agresseur, aucune arrestation n’a eu lieu et personne n’a été inquiété. La Croatie figure à la 58ème position sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015.