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4 mars 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Une journaliste blessée près de Gardez : Reporters sans frontières demande au gouvernement intérimaire d'assurer la sécurité des journalistes


RSF s'est inquiétée de la sécurité des journalistes en Afghanistan après l'embuscade dont a été victime la journaliste canadienne Kathleen Kenna.
Dans une lettre adressée à Hamid Karzai, président du gouvernement intérimaire, Reporters sans frontières (RSF) s'est inquiétée de la sécurité des journalistes sur le sol afghan après l'embuscade dont a été victime Kathleen Kenna, journaliste canadienne pour le quotidien Toronto Star, le 4 mars près de Gardez (capitale de la province de Paktia, est du pays). L'organisation a demandé au président de fournir des informations précises sur cet incident et de prendre des mesures énergiques afin d'assurer la sécurité des journalistes couvrant les affrontements entre forces américaines et combattants du réseau Al-Qaida. "S'agissant de la plus grosse opération terrestre menée par les Etats-Unis depuis le début du conflit, il semble plus qu'urgent d'assurer la sécurité des journalistes présents sur le terrain, et de veiller à ce que le triste bilan des journalistes tués en Afghanistan ne s'alourdisse pas ", a déclaré Robert Ménard, le secrétaire général de l'organisation. Selon les informations recueillies par RSF, Kathleen Kenna, correspondante pour l'Asie du Sud du quotidien canadien Toronto Star, a été blessée lors d'une embuscade entre la localité de Zurmat (trente kilomètres au sud de Gardez) et Gardez, alors qu'elle rejoignait en voiture la capitale de la province, en compagnie de son mari et d'un photographe. Selon ses compagnons de route, un homme serait apparu sur l'aile gauche du véhicule et aurait lancé quelque chose sur la voiture, pendant que d'autres individus attaquaient par la droite. La journaliste a été blessée à la jambe par une grenade ou une balle. Elle a été transportée à l'hôpital de Gardez. Pas moins de huit journalistes ont été tués en Afghanistan depuis le début de l'opération "Liberté immuable". Maria Grazia Cutuli, envoyée spéciale du quotidien italien Corriere della Serra, Julio Fuentes, reporter du quotidien espagnol El Mundo, Harry Burton, un cameraman australien de l'agence de presse Reuters, et Azizullah Haidari, un photographe d'origine afghane de l'agence Reuter, avaient été tués lors d'une embuscade visant délibérément le convoi de journalistes, le 19 novembre 2001. Johanne Sutton, reporter de Radio France Internationale (RFI), Pierre Billaud, journaliste de la radio française RTL, et Volker Handloik, reporter pigiste de l'hebdomadaire allemand Stern, avaient été tués, le 11 novembre 2001, sur le front de Shataraï (dans la province de Takhar, nord-est de l'Afghanistan). Les journalistes se trouvaient sur un véhicule blindé des forces de l'Alliance du Nord (opposition aux taliban) quand la colonne est tombée dans une embuscade tendue par des taliban.