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8 décembre 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Une journaliste assassinée, un média attaqué : "escalade sans précédent de la violence contre la presse"


Le meurtre de Luz Marina Paz Villalobos, journaliste de la radio Cadena Hondureña de Noticias (CHN), tuée le 6 décembre 2011, à Comayagüela dans la périphérie de Tegucigalpa, élève à 17 le nombre de journalistes assassinés dans le pays, depuis 2010. La journaliste Paz Villalobos essayait une voiture quand deux hommes à moto ont ouvert le feu. Elle a été tuée sur le coup, comme le mécanicien qui l’accompagnait. Tentative de vol de son véhicule, règlements de compte, refus de la journaliste de payer "l’impôt de guerre" (argent versé par des propriétaires aux narcotrafiquants) pour son commerce qu’elle gérait en parallèle ? Les mobiles du crime sont encore difficiles à déterminer avec précision. Connue pour ses prises de position hostiles à l’actuel gouvernement, Luz Marina Paz Villalobos avait travaillé pendant presque dix ans au sein de la station Radio Globo, média d’opposition sympathisant de l’ancien président Zelaya renversé par le coup d’Etat en 2009. Les enquêteurs n’écartent pas la piste professionnelle. "Depuis 2010, aucun assassinat de journaliste n’a été élucidé. Nous dénonçons l’impunité scandaleuse dont jouissent les auteurs et commanditaires de ces crimes. L’absence d’enquêtes probantes rend la profession vulnérable face à la violence des narcotrafiquants et de certaines autorités locales dont les activités criminelles sont mises à jour dans la presse. A ce titre, nous rappelons que les assassins de Medardo Flores, journaliste et membre du parti de l’ancien président déchu, le Front élargi de résistance populaire, tué en septembre dernier, n’ont toujours pas été identifiés", a déclaré Reporters sans frontières. L’organisation constate une escalade sans précédent de la violence contre la presse hondurienne. Un jour avant l’assassinat de la journaliste, le quotidien La Tribuna a été visé par une attaque armée, à Tegucigalpa. Des individus, à bord d’un véhicule, ont tiré plusieurs coups de feu sur la façade des bureaux du journal. L’agent de sécurité a été grièvement blessé à l’abdomen et hospitalisé. Selon l’équipe de rédaction de La Tribuna, l’attentat viendrait en représailles à la publication, le 22 novembre dernier, d’un article accusant des membres de la police d’avoir tué le fils de Julieta Castellanos, directrice de l’Université nationale autonome du Honduras et d’un de ses amis. Cet attentat vient s’ajouter aux nombreuses menaces de mort et agressions physiques subies par les journalistes de ce quotidien, prompts à dénoncer les dérives criminelles de la police nationale. "Quel est l’avenir des journalistes courageux et soucieux du droit du citoyen d’être informé ? L’indifférence judiciaire, caractéristique d’un contexte médiatique très polarisé depuis le coup d’Etat, laisse militaires et policiers libres de s’en prendre aux médias qui osent dénoncer les exactions et les irrégularités des autorités publiques", a conclu l’organisation.