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31 mars 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Une journaliste assassinée alors qu’elle couvrait une manifestation


Reporters sans frontières a appris avec stupeur et affliction la mort de Mayada Ashraf le 28 mars 2014. Journaliste pour le quotidien Al-Dostour et le site d’information Masr Al-Arabiyya, elle a été tuée d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait une manifestation organisée par des partisans des Frères musulmans dans le quartier de Aïn Schams au Caire en réaction à l’annonce de la candidature d’Abdel Fattah Al-Sissi à l’élection présidentielle de mai prochain. Forces de l’ordre et manifestants s’accusent mutuellement d’être responsables de la mort de la journaliste. Quatre autres personnes ont trouvé la mort dans ces affrontements ce vendredi 28 mars au Caire. Dans son dernier article, Mayda Ashraf faisait état d’affrontements à balles réelles entre la police et les manifestants. “Nous tenons à présenter nos sincères condoléances aux proches et aux collègues de Mayada Ashraf et exhortons les autorités compétentes à mener une enquête indépendante et impartiale pour que ce crime ne reste pas impuni,” déclare Lucie Morillon, directrice de la recherche et du plaidoyer à Reporters sans frontières. L’assassinat de cette journaliste intervient alors que le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté, le 28 mars dernier, une résolution qui consacre l’importance du rôle des journalistes dans la couverture des manifestations et la nécessité pour les Etats de leur apporter la protection nécessaire. Depuis la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet dernier, les journalistes sont systématiquement pris pour cibles, surtout lorsqu’ils couvrent des rassemblements ou des manifestations. Au moins six journalistes ont été blessés, tandis qu’une quinzaine d’entre eux ont été interpellés, au cours des manifestations à l’occasion de la commémoration du troisième anniversaire de la révolution, le 25 janvier dernier. Mayada Ashraf est la onzième professionnelle de l’information à être tuée dans l’exercice de ses fonctions depuis janvier 2011, et la sixième depuis le 3 juillet 2013. L’Egypte occupe la 159ème place sur 180 dans le classement de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.