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16 mai 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Une éminente journaliste est finalement remise en liberté


Reporters sans frontières salue la libération d’Irina Khalip, corresondante pour le journal russe indépendant Novaïa Gazeta, décidée le 19 juillet 2013 par le tribunal du district de Partyzanski, dans la capitale bélarusse. La journaliste avait été condamnée à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une période probatoire de deux ans, le 16 mai 2011. “Le régime biélorusse a fait un petit pas en faveur de la liberté de l’information. Le tribunal a toutefois violé les procédures juridiques jusqu’au bout, en ne communiquant pas la date du procès aux journalistes, et ce pour les empêcher d’y assister. En outre, la juge Rita Chagraï, interdite d’entrée dans l’U.E., leur a interdit d’utiliser du matériel audio, photo et vidéo pour couvrir le procès”, a déclaré Reporters sans frontières. “Nous demandons encore une fois aux autorités de mettre un terme à toutes les poursuites - y compris judiciaires - dont font l’objet d’autres journalistes biélorusses, à l’image d’Andreï Pachobut, qui risque toujours trois ans de prison”, a poursuivi l’organisation. Pendant plus de deux ans, Irina Khalip devait se présenter à un poste de police une fois par semaine. Elle ne pouvait pas quitter son appartement après 22h ou encore sortir de Minsk sans permission. “On m’a enlevé presque trois ans de ma vie”, a indiqué la journaliste. “Si quelqu’un pense que je suis maintenant une personne libre, c’est une erreur. Pendant deux ans, j’étais pratiquement assignée à résidence, et maintenant on attend de moi que je dise “merci” pour ne pas m’avoir emprisonnée.” Le Bélarus est 157ème sur 178 dans le classement mondial 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le président Loukachenko est reconnu depuis des années par l’organisation comme un “prédateur”, s’attaquant sans vergogne aux médias et journalistes indépendants. -------------------------------------------------------------------------------------------- 16.05.11 - Deux ans de prison avec sursis pour Irina Khalip Reporters sans frontières s’indigne de la condamnation d’Irina Khalip à deux ans de prison avec sursis. “Irina Khalip n’a absolument rien à se reprocher ; elle ne faisait que son travail. Toutes les charges qui pèsent contre elle doivent être levées”, a déclaré l’organisation. La journaliste bélarusse, correspondante pour le journal russe indépendant Novaïa Gazeta a été reconnue coupable de l’”organisation et de la préparation d’atteintes à l’ordre public”. Elle avait été arrêtée en décembre 2010, en marge des manifestations contre la réélection controversée du président Loukachenko. Sous la pression internationale, elle avait été relâchée et assignée à résidence en janvier dernier. Ses moindres faits et gestes étaient surveillés. La journaliste avait été victime à plusieurs reprises de pressions de la part des autorités. Le Bélarus est 151ème sur 178 dans le classement mondial de la liberté de la presse réalisé par Reporters sans frontières. Le président Loukachenko est reconnu depuis des années par l’organisation comme un “prédateur”, s’attaquant sans vergogne aux médias et journalistes indépendants. -------------------------------------------------------------------------------------------- 31.01.2011-Deux journalistes ont été libérées, l’une d’entre elles en résidence surveillée, alors que l’UE a adopté des sanctions contre le régime Le 31 janvier 2011, le conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne a voté une interdiction de visa pour 158 dirigeants bélarusses, dont le président Alexandre Loukachenko, assortie d’un gel des avoirs. Une décision attendue par la communauté internationale et les autorités bélarusses, qui ont procédé à des remises en liberté, en amont de cette réunion. Les 28 et 29 janvier 2011, les autorités bélarusses ont libéré quatre des personnes interpellées à la suite de la manifestation du 19 décembre 2010, dont deux journalistes : Natalia Radzina (charter97.org) et Irina Khalip (Novaïa Gazeta). Celles-ci restent néanmoins poursuivies pour « participation à des émeutes » et encourent à ce titre des peines pouvant atteindre jusqu’à quinze ans d’emprisonnement. Nous ne pouvons que nous réjouir de ces remises en liberté. Toutefois, nous ne sommes pas dupes du fait que les autorités bélarusses cherchent à gagner du temps et à limiter les sanctions que l’Union européenne pouvait prononcer à l’encontre de plus de 150 dirigeants du pays. Les personnalités remises en liberté ces jours derniers n’auraient jamais dû être interpellées. Aujourd’hui, nous demandons la remise en liberté et l’abandon des charges contre les trente-sept inculpés poursuivis pour « participation ou organisation d’émeutes » et qui risquent jusqu’à 15 ans de prison. L’Union européenne a un rôle crucial à jouer. En privant de visas le Président Loukachenko et plusieurs responsables bélarusses, elle a fait un premier pas. Nous espérons que ce ne sera pas le dernier, et que les dirigeants visés comprendront le message qui leur est adressé. Le Bélarus est un partenaire important et un voisin immédiat de l’Europe communautaire. Tolérer une telle répression ne saurait qu’être lourd de conséquences pour l’ensemble de l’espace européen. Le 28 janvier 2011, Natalia Radzina a quitté le centre de détention du KGB à Minsk. Elle n’est néanmoins pas libre de ses mouvements puisqu’elle a dû se rendre dans sa ville natale, située dans l’ouest du pays, et qu’elle n’est pas autorisée à la quitter sans avoir au préalable obtenu l’accord des forces de l’ordre. Natalia Radzina s’est déclarée « doublement choquée » par les conditions de son arrestation, aux premières heures du jour dans les locaux du site d‘informations charter97.org, le 20 décembre 2010, mais aussi par la nature des accusations à son encontre. Par ailleurs, comme les autres détenus, la journaliste s’est engagée, par écrit, à ne pas divulguer de détails concernant l’enquête en cours. Elle a par ailleurs exprimé sa gratitude aux journalistes, hommes politiques et citoyens qui ont témoigné leur solidarité, et ainsi, contribué à sa remise en liberté. Elle s’est également dite déterminée à poursuivre ses activités. Revenant sur ses conditions de détention, Natalia Radzina a confirmé avoir souffert des blessures infligées par la police lors de la dispersion de la manifestation du 19 décembre. Elle a également indiqué avoir par la suite contracté une bronchite. Samedi 29 janvier au soir, Irina Khalip, correspondante du trihebdomadaire russe Novaïa Gazeta, par ailleurs épouse de l’un des candidats à l’élection présidentielle, Andreï Sannikau - a été placée en résidence surveillée. Elle n’est pas autorisée à entrer en contact avec la presse. Le même jour Sergueï Vozniak, rédacteur en chef du journal Tovarich et membre de l’équipe de campagne du candidat Uladzimir Niakliaieu, a été remis en liberté, tout comme ce dernier. Il a passé ses deux premières semaines de détention en compagnie de cinq autres détenus, dans une cellule prévue pour deux personnes. Des conditions qui n’étaient pas le résultat d’une pratique isolée, puisque le centre de détention était, selon le rédacteur en chef, littéralement « surpeuplé ». Trente-sept personnes, dont cinq candidats à la fonction présidentielle, ont été mises en examen pour « participation ou organisation à des émeutes » en marge de la manifestation de mécontentement faisant suite à l’annonce de la réélection du président sortant Alexandre Loukachenko, le 19 décembre 2010. Trente-trois sont toujours emprisonnées alors que le conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne doit rendre aujourd’hui sa décision concernant l’imposition de sanctions aux dirigeants du pays. Alexandre Loukachenko, à la tête du pays depuis 1994, a été officiellement réélu et a pris ses « nouvelles » fonctions le 21 janvier dernier, en dépit des conclusions des observateurs internationaux , ayant qualifié le scrutin de non démocratique. Le 19 décembre 2010, des manifestations de mécontentement s’étaient déroulées dans Minsk, après l’annonce de la victoire du président sortant avec près de 80 % des suffrages. Des rassemblements violemment dispersés alors que plus de 600 personnes étaient arrêtées. En 2006, l’UE avait déjà instauré des sanctions à l’encontre de représentants du Bélarus après un scrutin considéré comme largement frauduleux.