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14 octobre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un webmaster condamné à un an de prison pour avoir mis en ligne un poème écrit par son père


Comme prévu, le cyberdissident Shohdy Surur (qui réside actuellement en Russie) a vu sa peine de prison d'un an confirmée, le 14 octobre, par la cour d'appel. _______ 11 octobre 2002 Le 14 octobre 2002, Shohdy Surur (voir dessin), le webmaster de l'hebdomadaire Al-Ahram Weeky, sera jugé, en appel, au Caire. En juin, il avait été condamné à un an de prison pour avoir mis en ligne, sur www.wadada.net, un poème écrit par son père, Naguib Surur, trente ans auparavant. " Cette condamnation, une première en Egypte, est tout simplement ubuesque. Pourquoi un homme serait-il condamné aujourd'hui pour des écrits de son père, alors que ce dernier ne l'a jamais été à son époque ? Sous couvert d'atteinte aux bonnes mœurs, ce que cherchent, en fait, les autorités égyptiennes, ce n'est rien de moins que museler la liberté d'expression sur Internet. Rappelons que la Haute Cour constitutionnelle a affirmé, en 1993, que le droit de critiquer, notamment les responsables publics, faisait partie des exigences d'un régime démocratique. Ce droit à la critique devrait être applicable quel que soit le type de média ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. " Si cette peine est confirmée, l'Egypte entrera dans le club des pays ennemis d'Internet. Le 30 juin 2002, Shohdy Surur a été condamné à un an de prison en vertu de l'article 178 du code pénal qui punit " la possession de matériel immoral pour la vente et la distribution avec l'intention de corrompre la morale publique ". Il est accusé d'avoir mis en ligne, sur le site www.wadada.net, consacré en partie à l'œuvre de Naguib Surur, son père, un de ses poèmes intitulé " Kuss Oummeyatt ", qui contient " des phrases " portant " atteinte à la moralité publique ". Ce poème, écrit dans un langage très populaire et émaillé de métaphores sexuelles, est surtout une critique de la société et de la culture égyptienne au lendemain de la défaite de l'Egypte en 1967. Dans ce texte, le poète et acteur Naguib Surur compare à plusieurs reprises l'Egypte à une prostituée. Aucune loi ne régissant l'usage d'Internet, la justice a dû se référer aux atteintes à la morale publique pour justifier les poursuites. Le poème figurait sur le site www.wadada.net (basé aux Etats-Unis) depuis trois ans déjà. Et Naguib Surur (voir dessin), décédé en 1978, n'a lui-même pas été condamné pour ce texte. Bien que jamais publié en Egypte, il est néanmoins très célèbre car il a été enregistré sur des cassettes audio largement diffusées. Le 22 novembre 2001, Shohdy Surur avait été arrêté à son domicile qui avait été fouillé. Son ordinateur lui avait été confisqué. Il avait été conduit au commissariat où il avait été interrogé pendant trois jours. Détenteur de la double nationalité russo-égyptienne, le cyberdissident réside actuellement en Russie. Il ne compte pas se présenter à l'audience. La condamnation à un an de prison prononcée en pre