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29 avril 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un troisième cyberdissident arrêté


29.04.2002 Le 29 avril, on apprend que Son Hong Pham est détenu à la prison B14, près de Hanoi. Depuis son arrestation, le 27 mars dernier, son épouse, Ha Thuy Vu, n'a pas été autorisée à lui rendre visite. Victime de pressions et de menaces, elle a dû quitter leur domicile en compagnie de ses deux fils. Selon l'organisation Club de la démocratie pour le Viêt-nam, le gouvernement aurait publié un communiqué dans lequel le dissident serait accusé "d'espionnage" et de "diffusion de documents contre l'Etat et contre le Parti communiste". ______________________________________________________________ 17.04.2002 Dans une lettre adressée au ministre vietnamien de la Sécurité publique, le lieutenant général Le Minh Huong, Reporters sans frontières (RSF) a demandé la libération du dissident vietnamien Son Hong Pham, arrêté par la police pour avoir écrit, traduit et diffusé sur Internet des documents favorables à la démocratie. "Avec cette nouvelle arrestation d'un cyberdissident, la troisième en un peu plus d'un mois, les autorités vietnamiennes confirment avec brutalité leur volonté de museler la liberté d'expression sur Internet", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. RSF a renouvelé son appel pour la libération du dissident Le Chi Quang et demandé la fin du placement en résidence surveillée du dissident Tran Khue. Selon les informations recueillies par RSF, Son Hong Pham, médecin et représentant commercial pour une firme pharmaceutique, a été arrêté, le 29 mars 2002, à Hanoï. Son arrestation ferait suite à la traduction et la diffusion sur Internet d'un article intitulé "Ce qu'est la démocratie", extrait des pages du site de l'ambassade des Etats-Unis au Viêt-nam. Le 25 mars 2002, le colonel Le Van, membre de l'unité spéciale P4-A25 de la police, s'est rendu au domicile de Son Hong Pham et lui a ordonné de se présenter dans les locaux de son unité spéciale. Le dissident y a été interrogé sur ses traductions d'articles publiés sur le site de l'ambassade américaine. Peu après, huit membres de cette unité ont perquisitionné son domicile à Hanoï. Ils ont saisi du matériel informatique ainsi que des documents personnels. Le 26 mars, Son Hong Pham est retourné au poste de police afin d'y réclamer, sans succès, ses effets personnels. Le lendemain, le dissident a diffusé sur Internet une lettre ouverte afin de protester contre la perquisition illégale et la saisie de ses effets personnels. Deux jours plus tard, sa famille a annoncé sa "disparition". Un de ses proches a confirmé par téléphone, le 15 avril, que Son Hong Pham était toujours détenu. Sa mère a été autorisée à lui rendre visite en prison. Le dissident est également l'auteur de nombreux articles, tels "La promotion de la démocratie : un élément clé pour un nouvel ordre mondial" ou encore "Souveraineté et droits de l'homme : la quête d'une réconciliation", parus sur les forums Internet Danchu.net et Ykien.net, tous deux consacrés à la promotion de la démocratie. Le 6 mars 2002, il avait adressé un de ses articles, intitulé "Signes prometteurs pour la démocratie au Viêt-nam", au secrétaire général du Parti communiste vietnamien, le général Nong Duc Manh. Reporters sans frontières rappelle que les cyberdissidents Le Chi Quang et Tran Khue sont toujours détenus pour avoir publié sur Internet des articles critiques à l'égard des autorités vietnamiennes. Le Chi Quang, un professeur d'informatique également diplômé de la Faculté de droit, a été arrêté, le 21 février 2002, dans un café Internet de Hanoi et emprisonné dans le camp B14 de la province de Ha Dong (nord du pays). Tran Khue a, quant à lui, été placé en résidence surveillée le 10 mars 2002 en vertu de la directive administrative 31/ CP. Cette décision faisait suite à la diffusion sur Internet d'une lettre qu'il avait adressée au président chinois Jiang Zemin, à la veille d'une visite officielle au Viêt-nam.