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25 mai 2011 - Mis à jour le 25 janvier 2016

Un rendez-vous manqué


Consultez la tribune de Reporters sans frontières sur Slate.fr :

G8 et Internet, un rendez-vous manqué

eG8 : La société civile donne de la voix et dénonce les tentatives de régulation du Net
25 mai 2011

Lors d’une conférence de presse organisée à la dernière minute dans la matinée du 25 mai, dans une salle de conférence du eG8 mais hors du programme officiel, des représentants de la société civile ont exprimé leur rejet des tentatives de régulation d’Internet et dénoncé le manque de représentativité des acteurs du Web. Parmi les participants : Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans frontières, Jérémie Zimmerman, porte-parole de la Quadrature du Net, Susan Crawford, ancien membre du bureau des directeurs de l’ICANN, Jeff Jarvis, journaliste américain, et Lawrence Lessig, professeur de droit spécialisé dans la propriété intellectuelle et fondateur des Creative Commons.

Jeff Jarvis s’est dit "effrayé par ceux qui sont effrayés par Internet". Jean-François Julliard a confié être “extrêmement déçu” de la tournure des discussions au cours du eG8. Il a dénoncé l'absence de message fort à l'attention des Etats qui s’en prennent aux journalistes, blogueurs et cyberdissidents. "Il faut défendre l'internet libre avant de penser à réguler les contenus. Les gouvernements du G8 doivent faire de la défense de l'internet leur priorité" a-t-il déclaré.

Des propos réitérés lors de la table ronde consacrée à “La liberté électronique : les nouveaux outils de liberté”. Invité à s’exprimer aux côtés de représentants de Google, d’Alec Ross du Département d’Etat américain et de journalistes et militants du monde arabe, le secrétaire général de Reporters sans frontières a insisté sur le fait que les Etats membres du G8 devraient “clairement déclarer que l’accès à Internet est un droit fondamental, avant de discuter de quoi que ce soit d’autre”, développement économique ou protection de la propriété intellectuelle.

Jean-François Julliard a aussi dénoncé l’existence de double standards entre le discours tenu par certaines démocraties et leurs actes, en faisant référence au traitement réservé à WikiLeaks par l’administration américaine. Les autres démocraties ne sont pas en reste : ”il est facile de défendre la liberté d’expression en Syrie, mais nous devrions le faire également en Italie, en Australie, en France”.

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Une trentaine d’ONG interpellent les participants du eG8 dans une déclaration commune
25 mai 2011

Reporters sans frontières s’est jointe aux signataires d’une lettre adressée aux organisateurs et participants du eG8, qui se tient les 24 et 25 mai 2011, pour demander que les problématiques liées à la liberté d’expression en ligne soient intégrées dans les propositions présentées au G8. Seules deux organisations ont été invitées à participer au eG8: Reporters sans frontières et Electronic Frontier Foundation. Reporters sans frontières participe pour sa part, le mercredi 25 mai, de 11h30 à 12h30, à une table ronde sur “La liberté électronique : les nouveaux outils de liberté”.

La trentaine de signataires de la lettre ci-jointe, parmi lesquels Access Now, Attac et La Quadrature Du Net, demande aux participants du eG8 et aux Etats membres du G8, de “s’engager publiquement à étendre le droit d’accès à Internet pour tous, combattre la censure numérique et la surveillance, limiter la responsabilité des intermédiaires dans le monde numérique et soutenir les principes de la neutralité du Net.”

Une conférence de presse se tient le mercredi 25 mai, à 11 heures, à l’extérieur du “Networking Space” du eG8, avec la participation de Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans frontières, Jérémie Zimmerman, porte-parole de la Quadrature du Net et Susan Crawford, ancien membre du bureau des directeurs de l’ICANN, pour protester contre les appels à la régulation du Net.

A l’occasion du discours d’ouverture de Nicolas Sarkozy, Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a pu poser une question au président de la République sur la situation des cyberdissidents emprisonnés, en particulier dans le monde arabe. Il a regretté le manque de soutien de la France et demandé comment les démocraties pouvaient venir en aide à ces blogueurs.

Dans sa réponse, le président français a notamment souligné que “tous ceux qui ont voulu enfermer l’Internet de leur pays se sont rangés dans le camp des dictateurs”. Il a ajouté que “l’Internet est devenu la ligne de partage” entre les démocraties et les dictatures.

Au cours de son discours, le président français a reconnu le rôle d’Internet pour “renforcer la démocratie et le dialogue social" mais précisé qu’il ne peut peut s'affranchir "de valeurs minimum, de règles minimum". “Votre action doit s’inscrire dans une logique de civilisation” a-t-il renchéri.

Reprenant des arguments utilisés lors des débats qui ont entouré l’adoption des lois Loppsi, qui introduit un filtrage administratif du Web au nom de la lutte contre la pédopornographie ou Hadopi, qui instaure la riposte graduée en réponse au téléchargement illégal, Nicolas Sarkozy a notamment demandé aux participants de faire preuve de “responsabilité” : “ne laissez pas la technologie que vous avez forgée porter atteinte aux enfants (…) véhiculer le mal, porter atteinte à la sécurité” (..) et à la propriété intellectuelle.

La France a été placée dans la liste des “pays sous surveillance” par Reporters sans frontières dans son rapport sur “Les Ennemis d’internet”, publié le 11 mars dernier.