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6 septembre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste poursuivi pour avoir “publié de fausses informations sur l’armée”


Reporters sans frontières demande la libération immédiate et inconditionnelle du correspondant du quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm et de la chaîne ONTV, Ahmad Abu Draa, arrêté par les forces de l’ordre dans la ville d’El-Arich (nord Sinaï) le 4 septembre 2013 vers midi (heure locale), alors qu’il était dans les locaux du département de la Sécurité d’Etat pour y obtenir la libération d’un de ses proches.

Le lendemain de son interpellation, le journaliste a été présenté devant le procureur militaire d’Ismaïlia, qui a ordonné son placement en détention pour une durée de 15 jours pour les besoins de l’enquête. D’après les informations recueillies par Reporters sans frontières, Ahmad Abu Draa est toujours détenu à Ismaïlia.

Le journaliste est accusé d’avoir publié de fausses informations sur l’armée, d’avoir pris des photos et réalisé des vidéos de zones militaires, d’entretenir des liens avec un groupe terroriste et de provoquer l’armée.

Son arrestation intervient juste après la publication dans le quotidien Al-Masry Al-Youm, d’articles dénonçant certaines exactions des forces armées à l’encontre de la population civile au Sinaï. L’un des articles en question, daté du 3 septembre dernier, révèle le bombardement d’un village du district de Sheikh Zuweid (nord Sinaï) par trois avions de l’armée égyptienne, au cours duquel quatre civils ont été blessés.

Le 4 septembre, Ahmad Abu Draa a publié un article sur un projet gouvernemental destiné à établir, en coordination avec les forces armées, une zone-tampon entre l’Egypte et Gaza. La concrétisation d’un tel projet entraînerait le déplacement de la population habitant cette zone.

Ahmad Abu Draa a reçu le prix Samir Kassir pour la liberté de la presse 2013, dans la catégorie “Article d’investigation” pour son article “African smuggling gangs turn Sinai into torture land” publié le 11 juillet 2012 dans le quotidien Al Masry Al Youm.

Reporters sans frontières rappelle qu’au moins six autres journalistes sont toujours détenus en Egypte.