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20 août 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste politique agressé par d'anciens policiers


 Reporters sans frontières s'est inquiétée de l'agression par trois inconnus d'Artur Platonov (photos), journaliste politique de la chaîne de télévision indépendante KTK, le 16 août 2002 à Almaty. "Il ne fait pas l'ombre d'un doute qu'Artur Platonov a été agressé parce que son travail de journaliste politique dérange. L'attention internationale se porte de plus en plus sur le comportement suspect des autorités kazakhes à mesure que les agressions contre les médias indépendants se multiplient. Dans cette affaire, elles poussent le ridicule jusqu'à prétendre que le journaliste s'est blessé dans un accident de voiture…", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation, dans un courrier adressé au ministre de l'Intérieur, Kaïrbek Souleimenov. "Nous vous demandons de faire la lumière sur cette agression et de punir les coupables", a ajouté Robert Ménard.    Artur Platonov, coproducteur et présentateur de "Portret nedely" (Portrait de la semaine), la principale émission politique de la chaîne de télévision indépendante KTK, a été violemment frappé dans la soirée du 16 août par trois inconnus qui l'attendaient devant son domicile à Almaty, et a dû être hospitalisé. Selon Alexandre Choukhoff, rédacteur en chef du journal Karavan, appartenant au même groupe de presse que KTK (Alma Media), Artur Platonov souffre de multiples fractures au nez et de contusions. Ses jours ne sont pas en danger mais le journaliste devrait rester à l'hôpital pendant plusieurs semaines. La police a identifié les trois inconnus comme d'anciens policiers (A.M. Ayapov, Zh. Ibrahimkhanov et S.A. Utkelov), mais soutient officiellement qu'un accident de la route impliquant leur véhicule et celui d'Artur Platonov a causé les blessures du journaliste. D'après Stanislas Los, sous-directeur de la chaîne KTK, l'agression est "un acte planifié par des personnalités parmi les autorités kazakhes, mais nous ne savons pas exactement qui". Dans ses émissions, le journaliste dénonce régulièrement la corruption des forces de l'ordre et reçoit régulièrement des menaces anonymes. Il a récemment évoqué la mort suspecte de Leïla Baïssetova, fille de la journaliste d'opposition Lira Baïssetova, qui a fait l'objet d'une enquête de Reporters sans frontières et du réseau Damoclès en juillet dernier et dont le rapport de mission sera très prochainement rendu public. Reporters sans frontières rappelle que KTK avait déjà été la cible d'attaques violentes. Le 16 novembre 2001, des troupes armées du ministère de l'Intérieur avaient investi le bâtiment de la télévision. La chaîne avait alors montré des images de soldats munis d'armes automatiques prenant position dans les locaux. Les forces de l'ordre seraient intervenues sur ordre du Comité de sécurité, stipulant que dans le cadre du conflit en Afghanistan "toutes les installations stratégiques de la République du Kazakhstan doivent être surveillées par les troupes du ministère de l'Intérieur". Un responsable de la chaîne avait révélé à cette occasion que les pressions, les écoutes téléphoniques et la surveillance du courrier sont permanentes.