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7 juin 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste jordanien expulsé et cinq journalistes palestiniens toujours détenus


Reporters sans frontières proteste contre l'expulsion, le 3 juin, de Mashhour Abou Eid, correspondant de l'agence de presse officielle jordanienne Pétra, alors qu'il se trouvait dans le camp de réfugiés palestiniens de Balata, près de Nablouse, avec sept pacifistes occidentaux.
Reporters sans frontières a protesté contre l'expulsion du journaliste Mashhour Abou Eid. "Ce journaliste ne faisait qu'exercer son métier. Son expulsion est inacceptable. Elle est une nouvelle démonstration des entraves répétées au travail des journalistes depuis l'opération "Rempart" lancée par Israël le 29 mars dernier. Elle est également une nouvelle preuve de la politique discriminatoire menée vis-à-vis des médias arabes par l'armée israélienne dans les territoires occupés", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation, dans un courrier qu'il a adressé au Premier ministre Ariel Sharon. Reporters sans frontière a demandé aux autorités israéliennes de prendre toutes les mesures nécessaires afin de permettre à Mashhour Abou Eid de revenir en Israël exercer son métier de journaliste en toute légalité et en toute sécurité. Reporters sans frontières rappelle que le 6 avril dernier, un journaliste américain, Jassem al-Azzawi, d'Abu Dhabi TV, avait déjà été expulsé d'Israël. Mashhour Abou Eid, correspondant de l'agence de presse officielle jordanienne Pétra, a été arrêté le 31 mai 2002. Quatre jours plus tard, le journaliste a été reconduit vers la frontière jordanienne dans un bus de prisonniers, attaché aux jambes. L'agence de presse Pétra n'a pas fourni d'explication sur les raisons de son expulsion.                      Le 31 mai, Mashhour Abou Eid avait été arrêté avec sept pacifistes étrangers dans le camp de réfugiés palestiniens de Balata, près de Naplouse, réoccupé à l'aube par l'armée israélienne. La ville avait été déclarée zone militaire fermée au moment de l'incursion israélienne. Le journaliste était arrivé en Israël le 27 mai et il était muni de toutes les accréditations de presse nécessaires. Après s'être rendu à Naplouse et à Jénine le 30 mai, il est allé dans le camp de Balata. Le journaliste voulait filmer un rassemblement de pacifistes occidentaux venant enquêter sur la situations des droits de l'homme dans ce camp de réfugiés palestiniens. Mashhour Abou Eid a été accusé de n'avoir pas respecté une zone militaire fermée et d'avoir résisté à son arrestation. Il a été successivement détenu au camp militaire de Houwara et au camp militaire d'Ariel, proche de la ville de Salfit. Depuis le 2 juin, il était sous la menace d'une expulsion. Mais le journaliste avait refusé de signer son ordre d'expulsion et avait demandé, avec les sept pacifistes, de pouvoir faire appel auprès de la Cour suprême pour obtenir l'annulation de son expulsion. Le ministre des Affaires étrangères jordanien et l'agence de presse Pétra avaient multiplié les démarches auprès des autorités israéliennes pour obtenir sa libération.   Reporters sans frontières rappelle que cinq journalistes palestiniens, Maher al-Dessouki, de Al Quds Educational TV, Kamel Ali Jbeil, du quotidien Al Quds, Hussam Abu Alan, photographe de l'Agence France-Presse (AFP) (voir photo),Yousri El Jamal, preneur de son pour Reuters, et Ayman El Kawasmi, directeur de la radio locale El Horriya, sont toujours détenus par Israël. Ces cinq journalistes palestiniens ont été mis sous détention administrative le 22 mai dernier. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à des activités terroristes. Faute de preuves fournies à l'appui de ces allégations, Reporters sans frontières demande au Premier ministre leur libération immédiate.