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9 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste interdit d'émission


Dans une lettre adressée au ministre de la Communication, Mohammed Achaari, Reporters sans frontières (RSF) s'est inquiétée de l'interdiction faite à Ahmed El Bouz, secrétaire de rédaction de l'hebdomadaire arabophone Assahifa Ousbouiya, d'intervenir dans une émission de 2M. "Nous vous demandons des explications sur cette décision et tout particulièrement sur les propos tenus par la directrice de l'information de 2M, Samira Sitaïl", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. Selon les informations recueillies par RSF, Ahmed El Bouz, journaliste de l'hebdomadaire arabophone basé à Casablanca Assahifa Ousbouiya, a été interdit d'émission par la directrice de l'information de la deuxième chaîne de télévision 2M, basée à Casablanca. Ahmed El Bouz, secrétaire de rédaction, avait été invité par Hamid Saâdeni pour intervenir le 5 janvier dans le programme "Lil sahafa raie" (La presse a une opinion) qui passe le samedi, vers 13 heures, en direct sur 2M. Or, le 4 janvier, Hamid Saâdeni a appelé Ahmed El Bouz pour lui dire qu'"après avoir jeté un coup d'oeil sur la liste des invités de samedi, la directrice de l'information, Samira Sitaïl, avait barré le nom du journaliste et déclaré que tant qu'elle serait directrice de l'information de 2M, ni Assahifa Ousbouiya ni Le Journal hebdomadaire ne seraient invités à une émission de la chaîne". Contactée par Aboubakr Jamaï, directeur de publication de Assahifa Ousbouiya et du Journal hebdomadaire, Samira Sitaïl a confirmé ses dires et ajouté qu'elle "assumait ces faits". Le 2 décembre 2000, Le Journalet Assahifa avaient été interdits pour avoir publié une lettre attribuée à l'ancien opposant Mohamed Basri affirmant que la gauche marocaine était mêlée à la tentative de coup d'Etat de 1972 contre le roi Hassan II, et mettant directement en cause l'actuel Premier ministre, Abderrahmane Youssoufi. Les deux journaux avaient pu réapparaître sous de nouveaux noms (Assahifa Ousbouiya et Le Journal hebdomadaire) en janvier 2001.