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18 juin 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste en fuite par crainte pour sa sécurité


Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude après la fuite forcée de Stanley McGill, reporter au journal indépendant The News. Ce dernier a quitté, le 10 juin, son domicile des environs de Monrovia, par crainte d'une action de membres de l'Unité antiterroriste (ATU), la garde rapprochée du Président, déjà responsable de plusieurs attaques à son encontre. "Nous sommes très préoccupés par le sort de Stanley McGill, qui est victime d'un véritable harcèlement de la part des hommes de l'ATU, vraisemblablement en raison de son activité de journaliste", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "La politique de répression menée par le président Taylor et ses agents de l'ATU place les journalistes indépendants face à un dilemme inacceptable : soit ils continuent d'exercer leur métier et voient alors leur sécurité, voire leur vie, mise en danger, soit ils sont contraints de prendre la fuite, à l'instar d'un nombre croissant d'entre eux", a-t-il ajouté, soulignant que le recours à la violence était une pratique courante au Liberia et incluait même parfois la torture. Des hommes armés soupçonnés d'appartenir à l'ATU ont déjà attaqué McGill et emporté son poste radio et son téléphone portable en avril 2002. Plus récemment, le 27 mai, trois hommes vêtus de l'uniforme de l'ATU ont suivi le journaliste, l'ont abordé sous la menace de leurs armes et lui ont pris des affaires personnelles, avant de le quitter avec la promesse de revenir. Le 6 juin, il a de nouveau reçu une visite de membres de l'ATU, qui l'ont agressé et ont confisqué son ordinateur portable et des documents importants. Le journaliste a estimé qu'il était l'objet d'une véritable chasse à l'homme de la part des agents de l'ATU. De fait, ses voisins lui ont rapporté des menaces faites par certains de ses membres, qui ont dit qu'ils "l'auront à tout prix". Le journaliste s'est vu contraint d'entrer dans la clandestinité. En outre, Reporters sans frontières rappelle que six stations de radio FM non professionnelles ont été fermées par le gouvernement. Selon le directeur de la communication du ministère de l'Information, Emmanuel Todo, "les motifs et l'étendue des opérations de ces radios n'étaient pas clairs pour le gouvernement". Pourtant, l'Association des stations de radio non professionnelles a souligné que ces radios étaient agréées par le gouvernement.