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3 janvier 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste emprisonné dans le sud du pays


Reporters sans frontières a protesté contre l'incarcération à la prison centrale de Tshikapa, dans le sud du pays, de Kadima Mukombe, journaliste et animateur sur Radio Kilimandjaro, le 2 janvier 2003. Le journaliste avait été arrêté trois jours plus tôt par des hommes des Forces armées congolaises et détenu dans les locaux de la DEMIAP (Détection militaire des activités anti-patrie), à Tshikapa. Reporters sans frontières a demandé aux autorités de tout mettre en œuvre pour la libération du journaliste. Selon l'organisation, Kadima Mukombe n'a fait qu'exercer son métier, et rien ne justifie sa détention. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, Kadima Mukombe est accusé "d'outrage à l'armée". Dans son émission du 30 décembre 2002, le journaliste avait critiqué des responsables militaires locaux, les accusant de devenir négociants de diamants, au détriment de l'encadrement de leurs troupes qui en profitent pour spolier les biens de la population. Pour illustrer ses propos, le journaliste avait interviewé des ouvriers dans les mines d'extraction de diamants. Ces derniers dénonçaient le harcèlement dont ils sont l'objet de la part de certains militaires. Le journaliste aurait reçu cinquante coups de fouet au moment de son interpellation. Kadima Mukombe avait déjà été brièvement interpellé, le 23 décembre 2002, par des membres de l'Agence nationale des renseignements pour avoir dénoncé, dans l'une de ses émissions, la pauvreté dans laquelle vivent les populations de Tshikapa, alors que des milliers de carats de diamants sont exploités quotidiennement dans cette ville. Il avait été libéré le jour même et contraint de signer un engagement lui demandant de ne plus "monter la population contre l'autorité établie".