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14 novembre 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste d'un site Internet d'opposition agressé


Aleksey Volosevitch, journaliste indépendant et correspondant pour le site d'informations d'opposition Fergana.ru, a été frappé et insulté, le 9 novembre 2005, par cinq individus. « Nous condamnons fermement cette agression, qui vient s'ajouter à un bilan déjà très alarmant. L'intimidation est devenue pratique courante en Ouzbékistan et les brutalités contre les journalistes indépendants ne cessent d'augmenter depuis les événements d'Andijan. Cet incident en est la parfaite illustration et démontre que les autorités ouzbèkes sont prêtes à tout pour faire taire ceux qui voudraient révéler la vérité sur la révolte du 13 mai dernier », a déclaré Reporters sans frontières. Le 9 novembre dans l'après-midi, un inconnu a téléphoné à Aleksey Volosevitch et demandé à le rencontrer afin de lui faire part d' informations intéressantes sur la révolte d'Andijan. Lorsque le journaliste a quitté son appartement pour se rendre au rendez-vous, cinq individus se sont jetés sur lui, l'ont poussé à terre, l'ont frappé à plusieurs reprises puis ont répandu sur lui de la peinture noire, rouge et verte. L'un d'eux lui a crié :« Tu ne trahiras plus ta mère patrie ! » Les cinq assaillants avaient également recouvert d'insultes et de propos antisémites le couloir qui menait à l'appartement du journaliste. On pouvait, entre autres, y lire : « Ici vit le journaliste corrompu » ou « Le Juif qui n'a aucune notion de l'islam ». Aleksey Volosevitch est l'un des très rares journalistes à être resté à Andijan pendant les événements sanglants du 13 mai 2005. Il avait alors fait l'objet d'un article, publié le 3 juin dans l'hebdomadaire Mokhiyat, le présentant sous les traits d'un voyou. Le journaliste a estimé que cette attaque était liée à ses reportages, publiés sur Fergana.ru, relatant les exécutions de civils par les forces armées ouzbèkes, le 13 mai dernier, à Andijan. Il a également affirmé que sa couverture du procès, ainsi que ses articles sur la persécution d'activistes politiques de l'opposition, tels que les leaders de « Solnetchnaïa Koalitsia » et le parti d'opposition non enregistré « Ozod Dekhkonlar », étaient à l'origine de son agression. Aleksey Volosevitch a notamment accusé les services secrets ouzbeks d'avoir organisé son passage à tabac. Le 10 novembre, les services secrets ont accusé le journaliste d'avoir fomenté son agression, afin d'obtenir plus facilement le statut de réfugié politique à l'étranger. Depuis la révolte de mai dernier, la presse indépendante ouzbèke est durement réprimée : au moins cinq journalistes ont été tabassés, quatre ont été emprisonnés dont deux sont toujours sous les verrous. La BBC a dû fermer ses locaux, ainsi que l'agence Internews. Sept journalistes, dont six Ouzbeks, ont été contraints de quitter le pays et deux d'entre eux ont obtenu le statut de réfugié à l'étranger. Deux reporters ont été condamnées, puis amnistiées. Des dizaines d'autres ont été harcelés et intimidés. Enfin, les médias occidentaux ont été accusés de complicité dans la préparation de la révolte d'Andijan. Le 14 novembre, les 15 accusés du procès de la révolte d'Andijan ont été reconnus coupables par la Cour suprême ouzbèke. Ils purgeront une peine de prison allant de 14 à 20 ans.