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21 décembre 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste dissident chinois incarcéré malgré la protection du UNHCR


Reporters sans frontières appelle à la remise en liberté du militant et journaliste chinois Sun Shucai, réfugié à Bangkok depuis novembre 2006. Ce dernier a été interpellé par la police thaïlandaise le 8 décembre 2010, puis condamné le lendemain à une amende qui pourrait ouvrir la voix à son expulsion vers la Chine. Depuis dix jours, cet homme âgé de 87 ans est enfermé dans le centre de détention des services de l’immigration à Bangkok. Un juge l’a condamné à une amende de 3000 Baht (75 euros), et une possible expulsion vers la Chine. « Nous sommes très inquiets pour la santé de Sun Shucai. Cet un homme âgé et les conditions de détention du centre sont mauvaises. Nous redoutons qu’il ne puisse supporter une telle situation. Il est en cellule collective dans des conditions d’hygiène précaires et reçoit une alimentation insuffisante. Nous appelons le Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR) ainsi que les ambassades présentes à Bangkok à intervenir auprès des autorités thaïlandaises en faveur de la libération de ce réfugié politique », a déclaré Reporters sans frontières. Son seul crime est d’avoir voulu se réfugier en lieu sûr alors que son combat en faveur des droits de l’homme l’exposait à des représailles en Chine. La police de Bangkok a arrêté le journaliste lors d’une vague d’interpellations d’immigrés dans l’immeuble où il logeait. Sun Shucai n’aurait pas dû être arrêté puisqu’il est en possession du récépissé du UNHCR attestant de sa demande de protection et de réinstallation. L’engagement politique de Sun Shucai remonte aux années cinquante. En 1956, Sun Shucai avait été condamné à quatorze ans de prison pour avoir écrit des articles critiquant la révolution maoïste. Soumis aux travaux forcés de 1956 à 1970, dans la province de Liaoning, il a ensuite été affecté à une usine de métallurgie. En 1998, il a repris son activité dissidente et a été l’auteur d’articles critiquant le Parti communiste chinois. Certains de ses écrits ont été publiés dans Bejing Spring, une revue de dissidents chinois basée à New York.