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17 janvier 2012 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste des zones tribales tué par les taliban


Reporters sans frontières apprend avec tristesse la mort de Mukarram Khan Atif, correspondant de Deewa Radio, basée à Washington, et reporter pour la chaîne d'information Dunya News, le 17 janvier 2012, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. "Nous sommes affligés par cette nouvelle et présentons nos condoléances à la famille et aux proches de Mukarram Khan Atif. Les autorités pakistanaises doivent absolument prendre des mesures préventives pour protéger les journalistes, en particulier ceux qui font l'objet de menaces. Autrement, elles ne peuvent s'attendre à aucune amélioration de la situation", a déclaré Reporters sans frontières. Selon Safeerullah Gul, chef du bureau de Dunya News à Peshawar, contacté par l'organisation, deux hommes armés non identifiés ont ouvert le feu sur le journaliste alors qu'il faisait sa prière du soir dans une mosquée de la ville de Shabqadar dans le district de Charsadda. Touché au torse et à la tête, Mukarram Khan Atif a été transporté à l'hôpital Lady Reading de Peshawar, où les médecins ont déclaré qu'il avait succombé à ses blessures avant son arrivée. Un journaliste tribal du Nord-Waziristan, Rasool Dawar, a par la suite informé Reporters sans frontières que le porte-parole de l'organisation Tehreek-e-Taliban du Pakistan, Ehsanulah Ehsan, avait «reconnu la responsabilité" de la mort de Mukarram Khan Atif. Toutefois, le porte-parole de l'organisation n'a pas précisé pourquoi le journaliste a été pris pour cible. Les collègues de Mukarram Khan Atif ont affirmé que ce dernier les avait informés d'appels téléphoniques occasionnels, lui donnant des directives sur la façon dont il devait couvrir les événements. Le journaliste avait quitté sa région natale de Mohmand et déménagé dans le district de Charsadda pour des raisons de sécurité. "Il était sous la menace d'éléments essayant de prendre le contrôle de la région tribale", ont expliqué, sous couvert d'anonymat, des journalistes tribaux contactés par Reporters sans frontières. Mukarram Khan Atif était considéré comme un journaliste très de grande qualité. Salué par ses pairs pour sa compétence, il couvrait, à ses risques et périls, la région de Mohmand pour Deewa Radio et Dunya News. Le matin de sa mort, il s'était entretenu avec le représentant de Reporters sans frontières, Iqbal Khattak, pour confirmer sa participation à une formation sur le "journalisme responsable" prévue la semaine suivante à Peshawar. L'ancien président de l'Union des journalistes tribaux (TUJ), Safdar Dawar, a déclaré que le meurtre de Mukarram Khan était "un rappel brutal du danger dans lequel vivent les journalistes tribaux", et que ce meurtre s'inscrivait dans un contexte de "pression sans précédent" sur l'ensemble des médias au Pakistan. Mukarram Khan Atif est le premier journaliste tué au Pakistan en 2012. Depuis deux ans, le pays est le plus meurtrier au monde pour les professionnels des médias. En 2011, dix journalistes ont été tués en raison de leur activité professionnelle.