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12 juin 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste contraint de témoigner devant le TPI


Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) a décidé, le 9 juin 2002, de contraindre Jonathan Randal, ancien journaliste du Washington Post, de témoigner devant le tribunal au sujet d'une interview qu'il avait réalisée en 1993 avec un ancien dirigeant des Serbes de Bosnie. Cité à comparaître par une chambre du TPI dans le procès des deux dirigeants serbes de Bosnie, Momir Talic et Radoslav Brdjanin, le journaliste avait précédemment refusé d'obtempérer. Reporters sans frontières (RSF) a interpellé Carla Del Ponte, procureur du TPI dans un courrier envoyé le 12 juin 2002. "Si les journalistes en zone de conflit sont désormais perçus comme des auxiliaires de la justice internationale, le métier de correspondant de guerre, déjà terriblement dangereux, deviendra bientôt impossible. De nouveaux crimes de guerre serons commis, mais hors du regard de la presse" a écrit Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "Le reporter témoigne, mais en temps réel et pour l'opinion publique internationale. Nous vous exhortons à ne pas mettre en danger cette fonction capitale pour les besoin de procès en cours. D'autres témoignages que celui du journaliste peuvent sans doute être trouvés", a ajouté M. Ménard. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, les juges du TPI ont estimé dans leur jugement du 9 mai 2002, que le principe de protection des sources qui justifierait une exemption de témoigner pour les journalistes ne s'appliquait pas dans cette affaire, la source de l'interview étant une personnalité publique.