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7 mai 2004 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste condamné à une peine de prison avec sursis


Fabrizio Gatti, du quotidien Corriere della Sera, a été condamné, le 5 mai 2004, à une peine de 20 jours de prison avec sursis pour avoir falsifié son identité lors d'une enquête sur un centre de réfugiés. Le journaliste va faire appel. Reporters sans frontières dénonce la sévérité de ce verdict, qui condamne lourdement un journaliste ayant utilisé le seul moyen dont il disposait pour enquêter sur une affaire relevant de l'intérêt général. L'organisation estime que le droit des journalistes à informer et du public à être informé doit primer sur un délit mineur indispensable à la découverte d'une réalité sociale. Le tribunal de Lodi (Nord) a condamné Fabrizio Gatti pour "fausse déclaration d'identité" à la patrouille de police qui l'avait arrêté en janvier 2000 à Lodi alors qu'il se faisait passer pour un mendiant. Le journaliste était à l'origine poursuivi pour une simple fausse déclaration d'identité, qui prévoit une amende. Mais le juge Andrea Pirola a requalifié l'accusation et a condamné Fabrizio Gatti pour fausse déclaration à un agent de police, délit passible de trois ans de réclusion. Dans des articles publiés les 6 et 8 février 2000 dans le Corriere della Sera, et pour lesquels il a gagné le prix "Premiolino", le journaliste avait raconté comment ses droits avaient été bafoués dans le centre, alors qu'il s'était fait passer pour un immigré clandestin roumain dénommé Roman Ladu. Fabrizio Gatti avait déclaré cette fausse identité afin d'accéder au centre de réfugiés de la rue Corelli à Milan. Aucun journaliste et aucun parlementaire n'avait été autorisé à visiter le lieu alors que des rumeurs couraient sur des conditions sanitaires déplorables, des violations des droits des immigrés et des détentions immotivées entre 1999 et 2000. Un mois après la publication des articles de Fabrizio Gatti, le centre avait fermé.