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17 juin 2004 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste condamné à deux ans de prison


Reporters sans frontières dénonce la condamnation, le 16 juin, de Ahmed Ezzedine, de l'hebdomadaire Al-Ousbou, à deux ans de prison pour diffamation. Le 23 février dernier, le président Hosni Moubarak avait annoncé qu'il abrogerait la loi sanctionnant les délits de presse de peine de prison et qu'un projet de loi à cet effet serait très prochainement soumis au Parlement. " Nous sommes consternés par la lourdeur de ce verdict à l'heure où le président Moubarak proclame que les journalistes ne seront plus emprisonnés. L'incarcération d'Ahmed Ezzedine, si elle devenait effective, témoignerait d'un dangereux coup d'arrêt dans les réformes déclarées en haut lieu. Nous demandons aux autorités de reconsidérer ce jugement et de le suspendre, dans l'attente du vote du Parlement ", a déclaré Reporters sans frontières. Ahmed Ezzedine a été reconnu coupable de diffamation à l'encontre du vice-Premier ministre et ministre de l'Agriculture, Youssef Wali, qu'il avait accusé de " faux témoignage " dans un article publié le 23 juin 2003. Le journaliste n'a pas été convoqué au procès qui s'est déroulé en son absence, et la rumeur prétend qu'il serait entré dans la clandestinité en attendant que la loi modifiant le code pénal soit soumise et votée par le Parlement. Le journaliste ne peut, pour l'instant, faire appel de cette décision, à moins d'être incarcéré sur-le-champ, les décisions en appel n'étant pas suspensives. Pour contrer le projet américain de " Grand Moyen-Orient ", qui vise à imposer des réformes aux gouvernants des pays arabes, le président Moubarak avait pris l'initiative d'annoncer de profonds changements, parmi lesquels s'inscrit la suppression, dans le code pénal, des peines de prison pour les journalistes. En visite officielle à Paris, le président Moubarak avait d'ailleurs déclaré dans un entretien au quotidien Le Monde, daté du 21 avril 2004, que la liberté de la presse était " totale " en Egypte.