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28 avril 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste assassiné dans son bureau à Benghazi


Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste Muftah Al-Qatrani, directeur de la société de production de médias Al-Anwar, retrouvé mort dans son bureau à Benghazi le 21 avril 2015 dans la soirée. Une enquête policière a été ouverte pour retrouver les auteurs de cet assassinat.
Le journaliste Muftah Al-Qatrani, 33 ans, a été retrouvé mort sur son fauteuil de bureau à Benghazi, mercredi 21 avril. Selon les médias locaux citant le ministère de l’Intérieur, il aurait reçu plusieurs balles dans la tête. Directeur d’une société de production mais également correspondant pour la chaîne Libya Al-Wataniya, il avait couvert les affrontements entre les forces gouvernementales et les milices islamistes. Il s’agit du premier assassinat d’un journaliste à Benghazi en Libye en 2015. RSF s’inquiète du chaos sécuritaire et politique prégnant en Libye qui menace les fragiles avancées des négociations de paix nationale, sous l’égide de l’ONU, entre les différents groupes. Les professionnels de l’information peinent à travailler dans ces conditions. “Reporters sans frontières condamne le climat d’insécurité et d’impunité dans lequel les journalistes sont contraints d’exercer leur métier, déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction des programmes de l’organisation. RSF rappelle que tous les acteurs politiques, militaires et civils se doivent de respecter la liberté d’information en Libye ainsi que les professionnels de médias, cela même dans un contexte de guerre civile. Les autorités doivent veiller à ce que des mesures soient prises pour traduire en justice les auteurs de ce crime et de tous les actes de violence contre des journalistes et professionnels des médias”. Pour l’heure, les circonstances liées à ce meurtre restent floues. Certains médias locaux et organisations, tels que le Centre libyen pour la liberté de la presse estiment que le journaliste devait être visé pour les nombreux reportages télévisés qu’il a faits et son travail d’information autour de la guerre à Benghazi. Selon nos sources, la police aurait réussi à arrêter deux individus impliqués dans cette affaire qualifiée de “criminelle” et le bureau des enquêtes criminelles ne trouve pas forcément de lien avec son activité professionnelle ou ses engagements politiques ou idéologiques. Journaliste engagé, Muftah Al-Qatrani soutenait l’armée nationale libyenne et l’opération militaire ‘Karama’ (Dignité) lancée par le général Khalifa Haftar contre des groupes et milices terroristes. La Libye figure à la 154e place (sur 180) du Classement 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.