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15 juillet 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste assassiné dans le département de Santander


Reporters sans frontières a exprimé son indignation après que Mario Prada Díaz, directeur du mensuel Horizonte Sabanero, a été assassiné, le 12 juillet 2002, près de Sabana de Torres (département de Santander, nord du pays). Dans une lettre adressée au procureur général de la Nation, Luis Camilo Osorio, l'organisation a demandé qu'une enquête soit ouverte et que ses résultats soient rendus publics dans les meilleurs délais. "Il est impératif que les responsables de cet assassinat soient identifiés et jugés, afin de mettre un terme au règne de l'impunité", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "Dans le contexte actuel de recrudescence de la violence, il est indispensable que le gouvernement garantisse la sécurité des journalistes et, ainsi, la liberté pour la société colombienne d'être informée librement. Depuis le début de l'année 2002, cinq professionnels des médias ont été tués en Colombie", a conclu Robert Ménard. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, Mario Prada Díaz, fondateur et directeur du mensuel Horizonte Sabanero, récemment rebaptisé Horizonte del Magdalena Medio et publié dans les départements de Santander et du César (nord du pays), a été assassiné, dans la nuit du 11 au 12 juillet 2002, près de Sabana de Torres. Le journaliste avait été enlevé la veille, en fin de soirée, à son domicile de Sabana de Torres. Il a été tué de quatre balles dans la tête. Selon le capitaine Bejarano, commandant de la police locale, on ignore pour l'instant les motifs du crime. Par ailleurs, les autorités et les proches de Mario Prada Díaz ont affirmé n'avoir eu connaissance d'aucune menace à son encontre. Le dernier numéro en date de Horizonte del Magdalena Medio, mensuel consacré à l'actualité sociale et culturelle de la région, avait fait l'objet d'une diffusion élargie et avait été distribué pour la première fois dans les villes de Barrancabermeja, Puerto Wilches (département de Santander) et San Alberto (département du César). L'assassinat de Mario Prada Díaz est survenu quelques jours après les déclarations d'un commandant des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), publiées dans le quotidien Vanguardia Liberal le 8 juillet 2002. Le chef paramilitaire, s'en prenant aux journaux de la ville de Barrancabermeja, également située dans le département de Santander, avait affirmé: "Ou (les journaux) arrêtent de jouer avec la douleur de la communauté, ou nous nous verrons dans la pénible nécessité d'exécuter quelqu'un pour qu'ils sachent quelle est la douleur des gens." Suite à ces déclarations, Anyela Muñoz Trujillo, propriétaire et directrice de l'hebdomadaire El Vocero, avait été menacée, le 9 juillet 2002, par deux hommes armés, membres présumés des AUC. Ces derniers avaient menacé d'assassiner l'un des collaborateurs du journal si l'édition du lendemain était publiée et traitait de manière "sensationnaliste" des crimes commis à Barrancabermeja. L'hebdomadaire La Tarde aurait fait l'objet de menaces identiques. Par ailleurs, Janeth Ojeda, directrice de l'hebdomadaire La Noticia, aurait été suivie par une voiture sur plusieurs centaines de mètres, dans la nuit du 8 au 9 juillet. Malgré ces menaces, les journaux avaient été publiés normalement.