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3 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste arrêté - Ouverture d'un procès pour sept autres


Dans une lettre adressée au chef de la magistrature, l'ayatollah Sharoudi, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l'arrestation de Ahmad Gabel, journaliste de Hayat-é-No. "Cette incarcération est une nouvelle preuve que les autorités ne mettront pas un terme aux arrestations en 2002. Nous sommes par ailleurs inquiets du sort de sept journalistes dont le procès s'ouvre bientôt", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Nous vous demandons de relâcher Ahmad Gabel ainsi que les dix-sept autres journalistes actuellement emprisonnés en Iran", a-t-il ajouté. Selon les informations recueillies par RSF, Ahmad Gabel a été arrêté, le 31 décembre 2001, sur ordre du Tribunal spécial du Clergé. Journaliste de Hayat-é-No, Ahmad Gabel écrivait également des éditoriaux dans de nombreuses publications réformistes et donnait régulièrement des interviews à des radios étrangères. Le journaliste est connu pour être très critique envers le camp conservateur, et en particulier envers Ali Khamenei, le Guide de la République islamique. Quelques heures avant son arrestation, il avait accordé une interview à Radio Liberté. Par ailleurs, le 8 janvier s'ouvrira le procès à huis clos de Reza Alijani, Ezatollah Sahabi, Hoda Saber, Saide Madani, Ahmad Zeid-Abadi (Iran-é-Farda), Taghi Rahmani (Omid-é-Zangan), et Ali-Reza Redjaï (Asr-é-Azadegan). Les sept journalistes sont accusés de "blasphème", ce qui est passible de la peine de mort, et quatre d'entre eux sont emprisonnés. Jusqu'à aujourd'hui, leurs avocats n'ont pas pu avoir accès à leur dossier. Reporters sans frontières rappelle que l'Iran détient aujourd'hui le triste record d'être la plus grande prison pour les journalistes du Moyen-Orient, avec dix-huit personnes derrière les barreaux. Ali Khamenei, le Guide de la République islamique, est l'un des trente-neuf prédateurs de la liberté de la presse recensés dans le monde par RSF.