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29 avril 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journal indépendant fermé au nom de l'état d'urgence


Dans une lettre adressée au ministre de l'Information, Reginald Goodridge, Reporters sans frontières (RSF) a vigoureusement condamné la fermeture du journal indépendant Analyst Newspaper. "C'est la deuxième fois, depuis l'instauration de l'état d'urgence le 8 février 2002, que le journal est inquiété au nom de la sécurité nationale", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. RSF a demandé au ministre d'intervenir auprès des autorités compétentes afin que soit levée cette interdiction arbitraire prise à l'encontre d'une publication indépendante. Selon les informations recueillies par RSF, la police a perquisitionné, le 26 avril 2002, les locaux de l'Analyst Newspaper, et ordonné la fermeture du journal. Aucun journaliste n'a été arrêté. D'après le ministre de l'Information, Reginald Goodridge, le journal a été fermé le temps de mener une enquête. Le journal est soupçonné d'être un "agent à la solde des opposants politiques et d'inciter au chaos au moyen de publications explosives, dans un pays affecté par l'état d'urgence". Le directeur de la police, Paul Mulbah, aurait déclaré que le journal ne reparaîtrait peut-être pas. RSF a rappelé que le 13 février 2002, au moins quatre journalistes de l'Analyst Newspaper, avaient été interpellés par la police de Monrovia. Le directeur de la publication, Stanley Seakor, et un reporter, James Lloyd, figuraient parmi les interpellés. Selon le chef de la police, Paul Mulbah, ils avaient été arrêtés en raison de plusieurs articles qui allaient "contre la paix" et "empoisonnent l'esprit du peuple". L'officier avait cité quelques titres d'articles publiés par le journal ("Les Libériens sombrent dans l'horreur", "L'état d'urgence fait mal aux affaires", "Les droits et libertés que le Président peut suspendre") et avait ajouté qu'il poursuivrait "tout journaliste qui cherche à miner la paix". Le chef de l'Etat, Charles Taylor. a proclamé l'état d'urgence, le 8 février 2002, après une attaque par des rebelles de la ville de Klay, à 40 km environ au nord de la capitale.