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22 août 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un hebdomadaire censuré par les autorités


Le dernier numéro de l'hebdomadaire Le Calame (version arabe) a été censuré par les autorités pour un article rapportant les manifestations qui ont ponctué la récente visite en France du président mauritanien. "Cette mesure démontre, une fois de plus, à quel point la question des droits de l'homme est taboue en Mauritanie. Nous vous demandons de revenir sur cette mesure", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation, dans une lettre adressée à Lemrabott Sidi Mahmoud Ould Cheikh Ahmed, ministre de l'Intérieur. Reporters sans frontières rappelle que depuis un an, au moins six journaux ont été censurés par le ministère de l'Intérieur. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, le numéro 219 (daté du 19 août 2002) de la version arabe de l'hebdomadaire Le Calame, n'a pas obtenu l'autorisation d'impression du ministère de l'Intérieur, en vertu de l'article 11 de la loi sur la presse datée de 1991. Selon ce texte, le ministère de l'Intérieur peut, par arrêté, "interdire la circulation, la distribution ou la vente de journaux (…) qui portent atteinte à la crédibilité de l'Etat". Dans ce cas, le ministère n'est pas tenu de justifier sa décision et il lui suffit de transmettre au journal et à l'imprimerie une "notification" écrite. Ce numéro du Calame contenait un article faisant état du récent voyage privé, en France, du président mauritanien Maaouya ould Sid'Ahmed Taya. Cette visite avait été ponctuée par des manifestations de mouvements d'opposition mauritaniens et d'organisations françaises de défense des droits de l'homme.