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20 avril 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un directeur de radio communautaire assassiné à Oaxaca


Reporters sans frontières (RSF) dénonce l’assassinat, le 14 avril, d’Abel Manuel Bautista Raymundo, directeur et fondateur de Radio Espacio 96.1 de FM à Juxtlahuaca. Le Mexique est le pays le plus meurtrier des Amériques pour les acteurs de l’information. Selon les informations recueillies par RSF, trois individus non identifiés ont rattrapé en voiture Abel Manuel Bautista Raymundo, président de l'Association des radios communautaires "Vara 7" après son départ de la radio, et l’ont abattu. A l’heure actuelle, on ignore quel est le motif de cet assassinat. En 2012, des amis du journaliste avaient mentionné une “personne envieuse” du succès du directeur de radio dans une chanson sans donner de détails. Un contact local a informé RSF que les autorités ont effectué, le 17 avril, plusieurs descentes dans des radios communautaires pour confisquer leur matériel de transmission. Ces radios restent souvent privées de fréquence légales dans le pays et subissent régulièrement des pressions de la part des autorités. “Reporters sans frontières condamne cet assassinat, déclare Claire San Filippo, responsable du bureau Amériques de l’organisation. Nous appelons les autorités fédérales et d’Oaxaca à diligenter une enquête indépendante, impartiale et approfondie sans écarter la piste professionnelle. Au lieu de persécuter les radios communautaires de la région, la priorité des autorités devrait être résoudre ce meurtre. Tant que la justice mexicaine ne fera pas son travail et que les crimes à l’encontre des journalistes resteront impunis, la situation restera catastrophique pour les professionnels de l’information dans le pays.” L’État d’Oaxaca est le théâtre de conflits sociaux récurrents entre les communautés autochtones et les autorités locales. C’est également une région de culture et de trafic de stupéfiants où opèrent des groupes criminels. Dans ce contexte difficile, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes de médias communautaires sont la cible de nombreuses violences. En 2009, la radio Mixteca avait été victime d’une attaque. Son directeur, Melchor López Rendón, avait alors dénoncé des menaces de mort à son encontre émanant des autorités municipales. En février 2013, le corps du propriétaire d’une station de radio, Jorge Alberto Vera Carrizal était retrouvé deux mois après son enlèvement. Deux ans après les faits, le meurtre n’a toujours pas été résolu. Le Mexique se situe à la 148ème place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, publié en février 2015. (Photographie: Crónica de Oaxaca)