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27 septembre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un an d'impunité pour les meurtriers de Martin O'Hagan


Le 28 septembre 2001, le journaliste nord-irlandais du Sunday World, Martin O'Hagan, était abattu devant son domicile. Un an après sa mort, Reporters sans frontières déplore que l'enquête n'ait pas donné de résultats tangibles.
Un an après l'assassinat du journaliste irlandais du Sunday World, Martin O'Hagan, le 28 septembre 2001, l'enquête n'a pas donné de résultats. Huit personnes ont été interrogées dans le cadre de l'enquête de police mais, faute de preuves, aucune charge n'a pu être retenue contre elles. "Nous sommes inquiets de constater le manque de progrès réels dans cette enquête", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "Martin O'Hagan est le premier journaliste assassiné pour avoir exercé son métier depuis le début du conflit en Irlande du Nord. Ce meurtre odieux ne doit pas rester impuni", a-t-il ajouté. Martin O'Hagan a été tué par balles dans la soirée du 28 septembre 2001, devant son domicile, dans la ville de Lurgan, dans le comté d'Armagh, près de Belfast. Cet assassinat a été revendiqué le lendemain matin, dans un appel téléphonique à la BBC, par les "défenseurs de la main rouge". Ce nom est emprunté par les groupes paramilitaires protestants, en particulier par le groupe militaire loyaliste Loyalist Volunteer Force. Martin O'Hagan, âgé de 51 ans, travaillait depuis plusieurs années pour l'hebdomadaire Sunday World et s'était spécialisé dans les enquêtes sur les groupes armés nord-irlandais et les mafias de la drogue. Il avait reçu de nombreuses menaces suite à ses enquêtes visant à prouver que les milices protestantes, en particulier la Loyalist Volunteer Force (LVF), se livraient à des assassinats de catholiques dans le seul but de couvrir leur trafic de drogue. Au début des années 1990, le terroriste loyaliste Billy Wright avait commandité l'assassinat de Martin O'Hagan, qui avait échoué. Le journaliste était par ailleurs témoin dans un procès en diffamation contre les allégations de collusion entre la police et les groupes armés protestants dans les années 1980.