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21 octobre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un des policiers mis en cause dans le meurtre du journaliste Krishna Sen récompensé par le prix du "meilleur policier de l'année"


Reporters sans frontières s'indigne à l'annonce de la décoration remise des mains du prince Paras Bikram Shah à l'officier Bikram Singh Thapa, impliqué dans la mort sous la torture du directeur de publication promaoïste Krishna Sen. "Ces honneurs rendus à un tortionnaire sont révoltants. Comment peut-on espérer que justice soit rendue si les autorités du pays traitent avec un tel mépris les droits de l'homme ? L'impunité et les violences policières sont devenues une véritable institution d'Etat", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation, dans une lettre adressée à Lokendra Bahadur Chand, nouveau Premier ministre nommé par le Roi. L'organisation lui a demandé de retirer cette récompense à Bikram Singh Tapa et de relancer l'enquête sur la disparition de Krishna Sen. Le 16 octobre 2002, le prince Paras Bikram Shah a remis l'un des dix prix du "meilleur policier de l'année" à Bikram Singh Thapa, chef de la police dans la capitale, à l'occasion de la Journée de la police, en récompense de son "professionnalisme" et de son "courage" pour avoir mis sa vie en danger tout au long de sa carrière. La candidature de Bikram Singh Tapa a pourtant fait l'objet de controverses, y compris au sein même du ministère de l'Intérieur, signe révélateur des suspicions qui pèsent sur cet officier. Selon un rapport de Reporters sans frontières et du réseau Damoclès rendu public le 15 octobre dernier, Krishna Sen serait mort sous la torture le 28 mai 2002, soit huit jours après son arrestation, dans une salle d'interrogatoire du Mahendra Police Club à Katmandou, en présence notamment de l'officier Bikram Singh Thapa.