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15 mai 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un correspondant de la BBC menacé de mort


Le journaliste tamoul Ponnaiah Manikavasagam a été menacé de mort après avoir interviewé, sur les ondes de la BBC, un dirigeant du mouvement séparatiste des Tigres tamouls (LTTE). Des groupes paramilitaires progouvernementaux, notamment l'EPRLF (V) et l'EPDP, seraient à l'origine de ces menaces. Quelques jours auparavant, deux journalistes cingalais avaient été menacés par des membres du LTTE, dans la ville de Vavuniya (nord du pays). Reporters sans frontières s'inquiète de ces menaces et craint que les tensions entre le gouvernement et les rebelles tamouls ne se traduisent par un retour de la violence à l'encontre des journalistes. L'organisation a demandé à la présidente Chandrika Kumaratunga et au Premier ministre Ranil Wickramasinghe de garantir la sécurité des journalistes qui travaillent dans le nord et l'est du Sri Lanka, notamment celle de P. Manikavasagam. Reporters sans frontières a demandé aux autorités à être tenue informé des résultats des enquêtes de police qui devront établir dans les meilleurs délais qui sont les auteurs de ces menaces. L'organisation a rappelé que le journaliste tamoul M. Nimalarajan avait été assassiné en octobre 2000 après avoir reçu des menaces de mort d'un groupe paramilitaire. Ses assassins n'ont toujours pas été jugés. Dans la soirée du 7 mai 2003, Ponnaiah Manikavasagam, correspondant à Vavuniya (nord du Sri Lanka) du quotidien en tamoul Veerakesari et du service tamoul de la BBC World Service, a été menacé de mort par téléphone, quelques minutes après la diffusion, sur la radio britannique, d'une interview d'Anton Balasingham, l'idéologue du mouvement séparatiste des Tigres tamouls (LTTE), réalisée par Manikavasagam. En décrochant le téléphone, le journaliste a entendu une voix lui annonçant "Tu seras tué très bientôt." Après avoir refusé de s'identifier, l'auteur de l'appel a ajouté : "Lorsque tu seras mort, tu sauras qui nous sommes." Grâce à un système d'identification téléphonique, Manikavasagam a réussi à déterminer l'origine de cet appel. Celui-ci aurait été émis par le bureau à Mannar (nord-ouest du pays) de l'EPRLF (V), un groupe paramilitaire qui a soutenu le gouvernement dans son combat contre les LTTE. Le journaliste a immédiatement déposé une plainte contre ce groupe auprès de la police de Vavuniya. Interrogé par les forces de l'ordre, un responsable de l'EPRLF (V) a nié toute implication dans cette affaire. Ponnaiah Manikavasagam a déclaré à Reporters sans frontières être très inquiet pour sa sécurité. Il a quitté Vavuniya et il se cache. Ce n'est pas la première fois que le journaliste, par ailleurs ancien président de l'Alliance des médias tamouls et de l'Association des journalistes du Vanni, est victime de pressions. A la fin des années 90, il avait été arrêté par les forces de sécurité et maintenu en détention préventive pendant trois mois. Le 1er mai, dans cette même ville de Vavuniya, deux autres journalistes, travaillant pour des médias progouvernementaux en cingalais, ont affirmé avoir été menacés par des membres des Tigres tamouls, alors qu'ils couvraient les manifestations de la Fête du travail.