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14 avril 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un collaborateur de Radio Progreso assassiné après avoir reçu des menaces


Carlos Mejía Orellana, employé de Radio Progreso depuis treize ans, a été retrouvé assassiné à son domicile dans la ville de El Progreso (Nord), le 11 avril 2014. L’ancien responsable marketing de la radio a succombé à plusieurs coups de couteau dans la poitrine. Radio Progreso fait partie des nombreux médias qui s’étaient élevés contre le coup d’état de 2009. Selon le directeur de la radio, le prêtre jésuite Ismael Moreno, une quinzaine de ses employés ont reçu des menaces de mort depuis. La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a appelé le gouvernement hondurien à octroyer des mesures de protection à Carlos Mejía Orellana en 2009, 2010 et 2011. Ismael Moreno accuse les autorités d’avoir ignoré ces demandes et les menaces dont Carlos Mejía Orellana faisait l’objet, alors que sa vie de était de toute évidence en jeu. “Reporters sans frontières condamne l’assassinat de Carlos Mejía Orellana et exhorte les autorités à faire toute la lumière sur cet homicide afin que les exécutants et les commanditaires soient sanctionnés. L’enquête en cours n’a pas encore pu établir le mobile de l’assassinat. La police émet d'ores et déjà l’hypothèse d’un crime passionnel. Nous demandons à ce que le lien avec la profession ne soit pas écarté d’emblée,” déclare Camille Soulier, responsable du bureau Amériques de l’organisation. Avant d’ajouter : “Il est de la responsabilité des autorités de prendre de toute urgence les mesures adaptées et appliquées a priori pour briser ce cycle de violences qui touche les acteurs de l’information honduriens. Elles auraient dû prendre en compte les multiples avertissements de la CIDH quant au danger qui pesait sur Carlos Mejía Orellana. Un mécanisme de protection efficace doit absolument être mis en place et appliqué à tous les journalistes et collaborateurs des médias à risque qui en font la demande”. Le Honduras, 129ème sur 180 pays dans l’édition 2014 du Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, est l’un des pays les plus dangereux de la région pour la profession. Les menaces de mort sont souvent suivies d’exécutions et l’impunité règne. Reporters sans frontières est d’ailleurs très inquiète de la situation du journaliste d’investigation Dennis Menjivar, qui fait l’objet de menaces depuis sa couverture de la capture du narcotrafiquant Arnaldo “El Negro” Lobo en mars dernier. Il y a deux ans, le correspondant de Canal 6 avait déposé une plainte suite à un attentat dont il a été victime, mais l’enquête reste au point mort. Photo: laprensa.hn