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5 juin 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un caricaturiste poursuivi pour "atteinte à l'honneur"


Reporters sans frontières a exprimé sa préoccupation alors que Víctor Ramos, caricaturiste du quotidien La Prensa, poursuivi pour "atteinte à l'honneur", risque jusqu'à deux ans de prison. "Il est scandaleux qu'une caricature puisse valoir des poursuites pénales à son auteur", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. Ce dernier s'est dit "choqué" par le motif des poursuites, "atteinte à l'honneur", "dont l'interprétation relève du subjectif et de l'arbitraire". Il a rappelé que "la pénalisation des propos de journalistes constitue une atteinte à la liberté de circulation de l'information garantie par l'article 19 du Pacte international sur les droits civils et politiques, ratifié par le Panama". L'organisation a demandé, dans une lettre adressée à Adan Arnulfo Arjona, président de la Cour suprême de Justice, que les poursuites contre le caricaturiste soient abandonnées. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, Víctor Ramos, du quotidien La Prensa, est poursuivi pour "atteinte à l'honneur" par l'ancien Président de la République, Ernesto Pérez Balladares. Le caricaturiste doit comparaître devant le parquet le 7 juin prochain. D'après l'article 175 du code pénal, il risque jusqu'à deux ans de prison. La plainte d'Ernesto Pérez Balladares a fait suite à la publication, le 11 avril dernier, d'une caricature du dessinateur, dénonçant la mauvaise gestion de l'ancien Président. Un autre caricaturiste du quotidien, Julio Enrique Briceño, est poursuivi pour "atteinte à l'honneur" depuis 2001. Ricardo Arias Calderón, ancien président du Parti démocrate chrétien, avait porté plainte contre Julio Enrique Briceño après la publication, en décembre 2000, d'une caricature dans La Prensa. Dans un texte adopté en janvier 2000, le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression des Nations unies a clairement établi que "l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion constitue une violation grave des droits de l'homme." De même, l'article 11 de la Déclaration de principes sur la liberté d'expression adoptée par la Commission interaméricaine des droits de l'homme stipule que "les lois qui punissent les outrages infligés à un fonctionnaire portent atteinte à la liberté d'expression".