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10 février 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un cameraman succombe à des blessures subies lors d’une manifestation à Rio


Reporters sans frontières apprend avec une profonde tristesse le décès du cameraman brésilien Santiago Ilídio Andrade, le premier journaliste tué depuis le début des soulèvements populaires en juin 2013. Ce dernier s’est retrouvé jeudi 6 février au cœur d’une altercation entre la police militaire et les manifestants, alors qu’il couvrait pour la chaîne de télévision Bandeirantes un mouvement de protestation contre une nouvelle hausse des tarifs des transports urbains. Le journaliste avait été touché à la tête par un tir d’explosif (feux d’artifices) manifestement porté par des activistes présents lors de la confrontation. Transporté à l’hôpital municipal de Souza Aguiar de Rio de Janeiro jeudi dans un état critique, il présentait de multiples brûlures et une fracture du crâne. Il avait subi une opération de plus de quatre heures avant de succomber à ses graves blessures, dans l’après-midi du 10 février 2014. “Plus que jamais, Reporters sans frontières exhorte les forces de l’ordre autant que les participants aux manifestations à respecter le travail des journalistes qui couvrent les mouvements populaires. Nous demandons aux autorités compétentes de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que tous les responsables du meurtre de Santiago Andrade soient identifiés et sanctionnés afin de prévenir l’impunité trop souvent constatée dans les attaques contre les professionnels de l’information couvrant des manifestations. Les autorités doivent prendre des mesures fortes à l’aune de cette tragédie et à l’aube de la Coupe du monde de football qui verra affluer un nombre considérable d’acteurs de l’information prêts à couvrir à la fois les événements sportifs et sociaux du pays”, déclare Lucie Morillon, directrice de la recherche de Reporters sans frontières. Reporters sans frontières regrette le triste constat de la fréquence des attaques dont au moins 114 journalistes ont été les victimes – ciblées ou non – depuis juin 2013. Depuis le début de l’année 2014, trois journalistes ont déjà essuyé les coups des manifestants comme de la police. Sebastião Moreira, journaliste de l’agence de presse EFE avait été blessé à Sao Paulo par la police militaire le 25 janvier dernier.

Slideshow : La Nación