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3 octobre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un ancien ministre réclame 230 000€ à un magazine d'investigation


Le 26 août 2013, le mensuel Parbode a reçu une lettre de l’avocat de l’ancien ministre des Travaux Publics, Ramon Abrahams (photo). Celui-ci poursuit en justice le directeur du mensuel, Jaap Hoogendam, pour avoir publié un reportage sur les pratiques de corruption présumées du ministre, qui avait été congédié du gouvernement le 11 juin 2013 sans explications officielles. L’ancien ministre réclame 1 millions de dollars surinamiens (230 000€), ainsi qu’une rectification dans la prochaine édition du mensuel. Le procès doit commencer le 3 octobre 2013. “Reporters sans frontières exprime son soutien envers la revue d’investigation. La condamnation à payer cette amende risquerait de forcer Parbode à mettre la clé sous la porte. Une telle sanction pourrait avoir des répercussions dissuasives, non seulement sur les journalistes travaillant pour Parbode, mais sur tout autre journal ayant vocation à enquêter sur les membres du gouvernement au Surinam”, déclare l’organisation. “Reporters sans frontières s’inquiète également du fait que Ramon Abrahams ne demande pas à user de son droit de réponse mais exige une rectification, c’est à dire que les journalistes reviennent sur leur écrits. Ceci s’apparenterait à de l’autocensure. L’ancien ministre, en tant que personne publique, doit pouvoir s’attendre à être critiqué”, ajoute l’organisation. Ce procès pourrait être décisif dans la manière dont la justice surinamaise se positionne par rapport aux lanceurs d’alertes et au respect du secret des sources. Une des accusations principales de l’ancien ministre est que le reportage de Parbode n’est soutenu par aucune preuve. De son côté, Parbode souligne que cet article est basé sur un grand nombre d’interviews d’entrepreneurs, d’architectes, de politiciens et de membres du parti politique de Ramon Abrahams. Le rédacteur en chef de Parbode, Armand Snijders, insiste sur le fait qu’il ne peut pas révéler l’identité de ses sources, sous peine de leur causer du tort. La revue, largement lue au Surinam comme au Pays-Bas où elle est enregistrée légalement, est une des rares publications contenant des articles d’opinion et des reportages d’investigation.