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2 août 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Trois webmasters ouïghours jugés coupables de mettre en danger la sécurité de l'Etat


Le 21 juillet 2010, à Urumqi, trois webmasters ouïghours, Dilshat Perhat, Nureli et Nijat Azat ont été jugés à huis clos pour avoir atteinte à la sécurité de l'Etat en publiant des contenus considérés comme politiquement sensibles par le gouvernement chinois. Ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison. Reporters sans frontières s'insurge contre le jugement et dénonce l'acharnement des autorités chinoises contre la communauté ouïghours. "Malgré le peu d'informations concernant le procès, l'intention des autorités est claire : fermer les espaces d'expression. Les trois webmasters sont injustement punis et les peines de prison disproportionnées. Ces tentatives d'intimidations doivent cesser." L’organisation réclame la libération et la relaxe immédiate des trois webmasters. Dilshat Perhat, Nureli et Nijat Azat sont webmasters respectivement des sites Internet Diyarim, Salkin et Shabnam. Leur peine s'élève à cinq, trois et dix ans de prison. Bien que Dilmurat P, frère de Dilshat P, ait été menacé de représailles à l'encontre de ce dernier s'il parlait avec les médias, il a choisit d'outrepasser les menaces pour défendre son frère. Il assure que Dilshat ne s'est pas opposé au pouvoir en place. Il aurait même régulièrement effacé certains commentaires du site Internet et contacté la police à plusieurs reprises pour les prévenir d'une manifestation pacifique le 5 juillet 2009. RSF se dit très préoccupée de la situation de la liberté d'expression en Chine face un durcissement de la justice chinoises envers les journalistes. http://fr.rsf.org/china-un-photographe-arrete-a-chongqing-25-06-2010,37814.html --------------------------------------------------------------------- Quinze ans de prison pour un journaliste ouïghour, collaborateur d'un site Internet
24/07/2010
Reporters sans frontières est scandalisée par la lourde condamnation prononcée par le tribunal de Urumqi, dans la province du Xinjiang, à l’encontre du journaliste Gheyret Niyaz. Reconnu coupable d’avoir « mis en danger la sécurité nationale », il écope d’une peine de 15 ans de prison. Il avait été arrêté en octobre 2009 suite aux troubles ethniques qui se sont déroulés dans le Xinjiang, en juillet 2009. Il lui a été reproché d’avoir critiqué la politique chinoise vis-à-vis des Ouïghours, d’avoir collaboré à un site Internet incitant à la violence et d’avoir transmis des informations sur les émeutes à des journalistes étrangers. « Nous souhaitons faire part de notre incompréhension totale quant à l’issue de ce procès. Certes, Gheyret Niyaz a émis certaines critiques sur la politique chinoise dans sa région, mais il n’est ni un criminel, ni un dissident. Il est ainsi vu par les Ouïghours basés à l’étranger comme soutenant l’administration du Xinjiang par la Chine et partage même certaines des vues du gouvernment chinois sur les révoltes de l’été 2009. En le condamnant aussi lourdement et en gardant derrière les barreaux d’autres journalistes et net-citoyens ouïghours dont le seul crime est d’avoir parlé des événements, les autorités chinoises ne favorisent pas une solution négociée. Au contraire, cette condamnation choquante démontre que les autorités placent le contrôle de l’information avant le processus de réconciliation. Les prisonniers d’opinion doivent être libérés et le verdict prononcé contre Gheyret Niyaz doit être annulé en appel », a déclaré l’organisation. Gheyret Niyaz avait accordé en juillet 2009 une interview au magazine hongkongais Yazhou Zhoukan (www.yzzk.com), dans laquelle il soutenait la version officielle de l’implication d’agents extérieurs dans les émeutes. Selon lui, le Parti de la Libération islamique, Hizb-ut-Tahrir al Islami, en était à l’origine. Il prétend même avoir averti les autorités que la situation allait dégénérer. Il évoquait par ailleurs dans cet article les inégalités économiques qui prévalent dans le Xinjiang, ainsi que certains aspects de la lutte contre le « séparatisme ». Le journaliste collaborait également au site Uighurbiz, un forum bilingue sur la vie et la culture ouïghoures, que le gouvernement a accusé d’avoir incité à la violence en publiant des informations sur des heurts entre Ouïghours et Hans dans une autre région chinoise. Internet a fait les frais de la reprise en main de la région par les autorités chinoises après les troubles de l’été dernier. L’accès à l’Internet chinois a été coupé en juillet 2009 pendant six mois, puis graduellement rétabli de janvier à mai dernier. En octobre 2009, Reporters sans frontières avait mené une enquête sur la situation de l’accès aux sites Internet dédiés à la communauté ouïghoure. Sur 91 sites répertoriés, plus de 85% étaient bloqués, censurés ou hors d’atteinte. Les blogueurs, net-citoyens et responsables de sites Internet ont été particulièrement visés par la répression. Gheyret Niyaz n’est pas le seul détenu. Dilshat Parhat, cofondateur du site ouighour Diyarim, Nureli, créateur du site ouïghour Selkin, Muhemmet, directeur d’un site ouïghour, et Obulkasim, collaborateur de Diyarim, sont toujours emprisonnés. Reporters sans frontières rappelle qu’au moins 30 journalistes et 76 net-citoyens sont actuellement en prison en Chine. L’organisation réitère sa demande de leur libération inconditionnelle.
photographie de Gheyret Niyaz