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28 novembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Trois journalistes menacés de mort par l’armée nationale bolivarienne (GNB)


Deux photographes et un cameraman ont été menacés de mort par des agents de l’armée nationale bolivarienne (GNB), le 24 novembre 2014, alors qu’ils enquêtaient sur le centre pénitentiaire David Viloria (connu sous le nom d’”Uribana”) dans l’État de Lara, (ouest du pays). Trois journalistes ont été menacés de mort par des agents de l’armée nationale bolivarienne (GNB) alors qu’ils enquêtaient sur une grève de la faim entamée par certains détenus dans la prison d’Uribana dans l’Etat de Lara. Ces prisonniers auraient lancé ce mouvement afin de protester contre les mauvais traitements dont ils seraient victimes de la part du personnel pénitentiaire. Le photographe Abraham Palencia, du quotidien La Prensa, a été agressé et menacé de mort par un des militaires responsables de la sécurité au centre pénitentiaire. Il explique qu’un agent de la GNB a confisqué sa carte mémoire et affirmé que s’il publiait des informations sur sa visite, il se “réveillerait dans une fossé”. Le photographe du quotidien El Impulso, Edickson Durán, et le cameraman de la chaîne Promar Television, Tomas Gaona, ont aussi été menacés et leur équipement a été saisi. “Reporters sans frontières condamne fermement les menaces proférées à l’encontre des journalistes et exhorte les autorités à mener une enquête pour identifier et traduire en justice les responsables, déclare Claire San Filippo, responsable du bureau Amériques de l’organisation. Il est inacceptable que l’armée vénézuelienne empêche une nouvelle fois les journalistes de faire leur travail. Ces abus ne doivent pas rester impunis.” L’armée nationale bolivarienne (GNB) s’est déjà illustrée cette année par des exactions contre les journalistes. Les manifestations populaires qui ont secoué le Venezuela pendant les premiers mois de 2014 ont été le théâtre de nombreuses menaces, insultes, agressions, détentions arbitraires de journalistes locaux et étrangers. Le syndicat national des journalistes du Venezuela (SNTP) a recensé 231 exactions commises contre ces professionnels lors des manifestations jusqu’au mois de juin, parmi lesquelles 62 % commises par l’armée nationale bolivarienne (GNB). Quant aux conditions carcérales au Venezuela, elles sont déplorables. Les prisons sont insalubres, surpeuplées et en proie à une grande violence et la corruption des autorités pénitentiaires y est endémique. Le 27 novembre, au moins 13 prisonniers sont morts d’une intoxication médicamenteuse à David Viloria. Le Venezuela est 116ème sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2014.