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30 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Trois journalistes arrêtés en vertu d'une nouvelle loi sur la sécurité publique


Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, John Nkomo, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l'arrestation de trois journalistes de médias privés à Harare. RSF a demandé au ministre de saisir les autorités compétentes afin de procéder à la libération immédiate des reporters. "Les autorités ont utilisé une nouvelle loi sur la sécurité et l'ordre public, votée le mois dernier, pour disperser une manifestation et interpeller ces trois reporters. En quoi une manifestation pacifique de journalistes qui demandent une plus grande liberté de la presse est-elle un danger pour la paix publique ?", s'est interrogé Robert Ménard, secrétaire général de RSF. "Une nouvelle fois, ce n'est qu'un prétexte pour s'en prendre à la presse indépendante", a-t-il ajouté. Selon les informations recueillies par RSF, Rhodeh Mashavave et Foster Dongozi, du quotidien privé Daily News, et Cornelius Nduna, journaliste de l'hebdomadaire privé The Standard et correspondant de l'agence de presse audiovisuelle Associated Press Television News, ont été interpellés, le 30 janvier 2002, par la police de Harare. Les journalistes participaient à une manifestation en compagnie d'une quarantaine de professionnels de la presse zimbabwéens et étrangers pour protester contre un projet de loi sur l'information particulièrement répressif, examiné en ce moment même par le Parlement. Dans la matinée, une dizaine de policiers anti-émeutes ont dispersé les manifestants avant d'interpeller les trois reporters. Selon un porte-parole de la police, ils sont accusés d'avoir participé à "un rassemblement illégal" de nature à "troubler la paix publique". Ils sont détenus dans un commissariat de la capitale.