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14 décembre 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Trois ans après l'assassinat de Deyda Hydara, Reporters sans frontières dénonce l'indifférence des autorités envers la famille et les amis du journaliste


Reporters sans frontières commémore avec une grande tristesse le troisième anniversaire de l'assassinat, le 16 décembre 2004, de Deyda Hydara, directeur du quotidien privé The Point, correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) et de Reporters sans frontières, alors que rien n'est fait par les autorités gambiennes pour identifier et punir ses assassins.
Reporters sans frontières commémore avec une grande tristesse le troisième anniversaire de l'assassinat, le 16 décembre 2004, de Deyda Hydara, directeur du quotidien privé The Point, correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) et de Reporters sans frontières, alors que rien n'est fait par les autorités gambiennes pour identifier et punir ses assassins. "Depuis trois ans, la famille et les amis de Deyda Hydara tentent de faire leur deuil de ce grand journaliste africain, malgré l'inaction des autorités et les calomnies dont la victime a été la cible. Leur courage et leur obstination doivent être salués. Il est désormais évident que le gouvernement gambien, dont le chef, le président Yahya Jammeh, a accumulé les déclarations contradictoires ou agressives envers Deyda Hydara, n'a pas l'intention de faire la lumière sur cet assassinat odieux. Condamnés à vivre dans un monde de rumeurs et d'indifférence, ils doivent savoir que nous resterons mobilisés jusqu'à ce que la vérité éclate", a déclaré l'organisation. Deyda Hydara a été tué par balles dans la soirée du 16 décembre 2004, alors qu'il raccompagnait deux employées de son journal en voiture. Il avait auparavant fait l'objet de menaces de la part des services de renseignements, lesquels le surveillaient quelques minutes avant son assassinat, perpétré dans une rue longeant une caserne de la police. Aucune enquête sérieuse n'a été menée pour identifier ses assassins et leurs commanditaires. La seule communication officielle des enquêteurs gambiens, six mois après l'assassinat, laissait entendre que Deyda Hydara, qualifié de “provocateur”, pouvait avoir été tué pour des affaires de mœurs, inventées de toutes pièces. A l'occasion d'une interview accordée pour le nouvel an, en janvier 2007, Yahya Jammeh avait mis l'assassinat de Deyda Hydara sur le compte des "ennemis de la Gambie". Il avait ajouté que les coupables avaient eu l'intention de l'empêcher d'être élu président de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), sans autre explication.