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29 janvier 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Treize journalistes toujours victimes du “dimanche noir”, d’autres journalistes convoqués


Alors que les journalistes victimes du “dimanche noir” ont été accusés par les autorités iraniennes de collaboration avec des groupes d'opposition à la “révolution islamique”, Reporters sans frontières a appris l’arrestation, le 28 janvier 2013, de deux autres journalistes à l’issue de leur convocation à la prison d’Evin :Keyvan Mehregan, collaborateur de plusieurs journaux réformateurs, et Hossein Yaghchi, journaliste pour l’hebdomadaire Aseman et le mensuel Tajrobeh. Par ailleurs, Motahareh Shafie, interpellée le 27 janvier, a été libérée le lendemain de son arrestation. Quatorze journalistes ont donc été arrêtés. Treize sont toujours détenus. D’autres journalistes à Téhéran et dans d’autres provinces ont été convoqués et attendent d’être interrogés. Selon l’Agence France-Presse, les journalistes ont été arrêtés "dans le cadre d'un mandat émis par le pouvoir judiciaire". L’AFP avait relayé hier, dans plusieurs dépêches signées de son bureau à Téhéran, les informations publiées l’agence iranienne Farsnews, proche des Gardiens de la Révolution, qui qualifiaient les journalistes d’être "proches du mouvement antirévolutionnaire". Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, les journalistes ont été arrêtés par le ministère des Renseignements “pour vérifier s’ils travaillent ou non avec des médias basés à l’étranger”. Ils sont actuellement maintenus à l’isolement dans la section 209 de la prison d’Evin, contrôlée par ce même ministère. “L’argument des autorités selon lequel ces journalistes collaborent avec des groupes opposés à la “révolution islamique” n’est pas nouveau. Cette accusation est régulièrement utilisée contre les journalistes et les intellectuels iraniens pour les faire taire”, a déclaré Reporters sans frontières. Le ministre de la Culture et de l’Orientation islamique, Mohammad Hosseini a déclaré, le 27 janvier 2013, que “ces journalistes n’ont pas été arrêtés en raison de leurs activités professionnelles. Il semble qu'ils aient été arrêtés pour des accusations liées à la sécurité, et non pas pour des violations de la réglementation sur les médias".