Actualités

23 janvier 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Tentative d'intimidation contre Le directeur d'Al-Anbaa


Reporters sans frontières condamne l'incendie d'origine criminelle qui a endommagé la voiture du directeur de l'hebdomadaire Al Anbaa, Aziz El Metni, dans la nuit du 19 au 20 janvier 2008, devant son domicile à Kornet Chahwan (15 km au nord de Beyrouth). "La crise politique que traverse le Liban depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri a suscité un climat extrêmement dangereux pour les professionnels des médias. Cette situation a déjà coûté la vie à deux journalistes. Cet incendie doit donc être pris au sérieux et une enquête doit être ouverte sans délai pour identifier les auteurs de l'incendie et les traduire en justice”, a déclaré l'organisation. Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2008, la voiture d'Aziz El Metni, directeur de l'hebdomadaire Al-Anbaa, a été incendiée. Sans l'intervention des pompiers, le feu aurait pu se propager au domicile du journaliste qui a déposé une plainte contre X. Contacté par Reporters sans frontières, Aziz El Metni, 73 ans, a déclaré ne pas avoir reçu de menaces auparavant. Selon lui, cet incendie est un “message adressé au Parti socialiste progressiste”, dont Al-Anbaa est l'organe officiel. Il a ajouté qu'il avait sans doute été visé parce qu'il était moins protégé que les dirigeants du parti. Par ailleurs, le journaliste a publié, le 8 janvier, un article intitulé “Pas de collaboration par la force et pas de gouvernance par le blocage”, dans lequel il critiquait vivement l'opposition dirigée par le Hezbollah et le Courant patriotique libre. Lors d'une conférence de presse tenue au siège de l'hebdomadaire, le 22 janvier, le rédacteur en chef d'Al-Anbaa, Rami Al-Rayess, a refusé d'émettre des hypothèses sur les auteurs de l'incendie et a souhaité laisser la justice “faire son travail”. En revanche, il a souligné la gravité de cet acte qu'il a décrit comme “une attaque contre la presse et la démocratie libanaise”. Depuis septembre 2004, deux journalistes libanais, Samir Kassir et Gebrane Tuéni, ont été assassinés et une troisième, May Chidiac, grièvement mutilée dans des attentats qui les visaient directement.