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13 juin 2018 - Mis à jour le 15 juin 2018

Syrie : un journaliste-citoyen libéré après six mois de captivité par la milice Hayat Tahrir al Sham

Depuis six mois, la milice syrienne Hay’at Tahrir al Sham (HTS) détenait deux journalistes-citoyens : l’un d’entre eux, Hossam Mahmoud, vient d’être libéré. Reporters sans frontières (RSF) demande la libération immédiate du deuxième, Amjad al Maleh.

L’un est libre, l’autre toujours détenu. Le 6 juin, le journaliste-citoyen syrien Hossam Mahmoud a été libéré par la milice djihadiste Hay’at Tahrir al Sham (HTS) dans le cadre d’amnisties après six mois de captivité. Arrêté en même temps que lui, le 10 décembre 2017, lors d’un reportage dans la région d’Idlib (Nord de la Syrie), son homologue Amjad al Maleh est, lui, toujours aux mains de la milice.


Le 24 mai dernier, HTS avait déjà libéré un autre journalistes-citoyen, Ahmed al Akhras, arrêté le 28 avril. Quelques mois auparavant, le 28 février, Ali Al Dalati avait lui aussi recouvert la liberté après deux mois de captivité.


Peu avant la libération d’Hossam Mahmoud, RSF avait contacté les autorités locales de la région dans laquelle opère HTS. Ces autorités avaient affirmé ne pas détenir les deux hommes et précisé qu’elles n’arrêtaient pas les journalistes et qu’elles étaient même prêtes à les protéger. Soucieuses de leur image sur la scène internationale, ces autorités locales avait d’ailleurs mis en ligne le 29 avril dernier un formulaire d’enregistrement à destination des journalistes étrangers qui souhaiteraient couvrir la région.


“Reporters sans frontières demande la libération immédiate d’Amjad al Maleh, après celles déjà de plusieurs journalistes-citoyens ces derniers mois, déclare Reporters sans frontières. Les conditions de détention de ces otages et les sévices que certains d’entre eux subissent s’apparentent à des actes de torture condamnables par leur droit humanitaire international.”


D’après certaines sources de RSF, quand ils sont emprisonnés par HTS, les journalistes-citoyens peuvent être interrogés très violemment, battus, dans le but de les faire renoncer à leur mission d’information. HTS accuse régulièrement les journalistes-citoyens qui ne sont pas acquis à sa cause de réaliser un “travail médiatique sans autorisation”, voire de collaborer avec “l’Occident impie”, si leurs images sont reprises par des médias occidentaux. HTS, malgré ses divisions internes, souhaite gagner la bataille de l’opinion locale et contrôler l’information.


L’ensemble des groupes armés présents en Syrie restent une menace pour les journalistes comme pour tous les civils (kidnappings, meurtres). Les forces syriennes et turques qui ont récemment pris le contrôle de la région d’Afrin ont de leur côté arrêté et intimidé plusieurs journalistes et photographes. Quant à l’armée syrienne régulière et ses alliés, ils ont tué sept journalistes et collaborateurs des médias dans le cadre de leur travail depuis le début de l’année. La Syrie restait en 2017 le pays le plus dangereux pour les journalistes, et occupe la 177e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de presse 2018 établi par RSF.