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25 janvier 2016 - Mis à jour le 18 août 2016

Situation périlleuse pour les journalistes au Yémen


RSF dénonce l’insécurité grandissante dans laquelle exercent les journalistes qui couvrent la guerre au Yémen. En une semaine, deux journalistes ont été tués dans des bombardements de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, et un correspondant d’Al Jazeera a été enlevé avec son équipe.

Hashem Al-Hamran, correspondant de la chaîne pro-houthie Al Masira est décédé le 22 janvier dernier. Le jeune homme, âgé de 17 ans seulement, a succombé à ses blessures à la suite d’un bombardement aérien la veille dans la ville de Dhahiane de la province de Saada, au nord de Sanaa. Selon les médias locaux, le journaliste préparait un reportage sur les dégâts causés par les bombardements dans la ville, lorsqu’il a été grièvement blessé par un raid aérien. Il s’agit du deuxième reporter tué en une semaine dans l’exercice de son métier.“La situation de la liberté d’information dans le pays est devenue extrêmement préoccupante pour les professionnels qui exercent dans un environnement de plus en plus hostile, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF. Nous rappelons que toutes les parties du conflit sont responsables de la sécurité des journalistes et que les crimes à leur encontre ne doivent pas rester impunis. RSF demande également la libération de tous les journalistes et collaborateurs de médias détenus par des groupes armés”. Par ailleurs, la chaine Al Jazeera a annoncé avoir perdu le contact avec son correspondant à Taëz Hamdi Al Bokari 18 janvier alors que ce dernier couvrait les combats entre forces loyalistes et rebelles. La chaîne, qui a exprimé son inquiétude, redoute que le journaliste, ainsi que son collègue Abdelaziz al-Sabri, correspondant pour le journal Al Masdar, et leur chauffeur Mounir al-Soubaie aient été enlevés. Les conditions de sécurité au Yémen se sont nettement détériorées en 2015 avec le début de la guerre entre les forces loyalistes et la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite d’une part, et rebelles houthis soutenus par leurs alliés fidèles à l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh d’autre part.Selon le recensement de RSF, 17 journalistes et collaborateurs de médias demeurent à ce jour enlevés ou otages de groupes armés, que ce soit les rebelles houthis ou des membres d’Al-Qaeda.Le pays figure à la 168ème place (sur 180) du Classement 2015 de Reporters sans frontières.