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4 juillet 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Silence radio en Casamance après l'agression de journalistes


Les radios communautaires de Velingara en Casamance suspendent leur diffusion pour protester contre l’agression du personnel de Radio Twendu suite à la diffusion de résultats électoraux. Un incident remarqué dans le contexte d’un scrutin qui s’est déroulé dans des conditions apaisées pour la presse.
Une radio communautaire de Diaobé, dans la commune de Velingara en Casamance a été violemment attaquée le 29 juin 2014 par des jeunes de la mouvance présidentielle, mécontents de l'annonce des résultats provisoires des élections locales sur les ondes de la radio. La radio a été saccagée à coups de pierre et les deux journalistes et le technicien menacés par les assaillants. En réaction à ces actes de violence, les cinq radios communautaires de Vélingara, dont Twendu FM, Bamtaare FM, Fouladou FM, et Radio Velingara, observent deux jours de silence les 4 et 5 juillet. Joint par RSF, le président de l'Union des radios associatives et communautaires (URAC), Tamma Ndieng a exprimé sa solidarité avec les radios de Velingara. L'URAC a transmis un communiqué condamnant ces violences à la direction de la communication de la présidence. Le 16 juin 2014, au moins trois journalistes ont fait l’objet de violences à Rufisque, dans la périphérie de Dakar. Arfang Sarr, de la radio Djoko FM et une de ses collègue, ainsi qu'une consœur de Sénégal FM, ont été sévèrement battus par les partisans du maire sortant, M. Badara Mamaya Sèn, qui leur reprochait d'avoir photographié des affrontements entre factions politiques. "Ces deux incidents sont tout à fait déplorables et ressortent d'autant plus dans un contexte où les violences contre les journalistes ont pu, pour la majeur partie être évitées, au cours de cet exercice électoral. Il faut que la commission électorale continuent les travaux de sensibilisation auprès des responsables politiques et de leur base afin de faire en sorte que ce type de violences disparaissent complètement" déclare Cléa Kahn-Sriber responsable du bureau Afrique de RSF. Selon un observateur local de la presse au Sénégal, la diminution du nombre d'exactions contre les journalistes au cours du scrutin est une évolution positive comparée aux élections précédentes. Les jeunes reporters seraient mieux formés aux enjeux des élections et à la façon de couvrir des situations potentiellement tendues ou capables de déraper rapidement. Ils étaient aussi mieux identifiés, grâce à des gilets "Presse" et ont ainsi pu éviter d'être pris pour cibles lors de heurts. Des dérives de certaines télévision privées qui ont diffusé des spots politiques publicitaires, en violation de la loi électorale gouvernant la campagne sont néanmoins à déplorer. Reporters sans frontières appelle le Conseil national de la régulation de l'audiovisuel à faire preuve de mesure dans les sanctions qu'il choisirait d'appliquer. Les élections locales au Sénégal dont les résultats ont été proclamées le 30 juin ont vu une confirmation de l'assise de la coalition présidentielle de Macky Sall qui a remporté 475 sur les 602 communes nouvellement créées. Le Sénégal occupe la 62e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2014, établi par Reporters sans frontières.