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23 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Shadi Mardiev libéré après cinq ans de détention


Après ans cinq ans de détention, et un an avant la fin de sa peine, Shadi Mardiev, journaliste ouzbek de radio spécialisé dans les affaires de droit, a été libéré, le 4 janvier 2002, d'une prison de Kizil-tepa. La peine de Shadi Mardiev a été commuée à la faveur d'une amnistie présidentielle, prononcée à la fin du mois d'août 2001 pour le 10e anniversaire de l'indépendance de la République, en même temps que celle de vingt-cinq mille autres prisonniers. Arrêté en novembre 1997, Shadi Mardiev avait été condamné, le 3 août 1998 par la cour d'appel de Tachkent pour "tentative d'extorsion de fonds" et "diffamation" à onze ans de prison, après avoir révélé, le 19 juin 1997, des malversations dont se serait rendu coupable le procureur adjoint de Samarkand, Talat Abdukhalidha. Ce dernier accusait le journaliste d'avoir voulu lui extorquer de l'argent contre son silence. Shadi Mardiev était détenu depuis dans une prison de la ville de Kizil-tepa, (région de Navoi, ouest de Samarkand), connue pour ses mauvaises conditions de détention et son état de santé s'était gravement détérioré. Le 19 janvier 1999, le président Karimov avait rejeté la demande de remise en liberté de Shadi Mardiev, qui avait pourtant été victime à deux reprises d'une attaque cérébrale et d'un infarctus. La peine du journaliste avait été réduite de moitié suite aux décrets présidentiels des 30 avril 1999 et 28 août 2000. Connu pour son esprit critique et railleur, Shadi Mardiev est reporter depuis 1964. Spécialisé dans les affaires de droit, il avait travaillé pour la radio publique de Samarkand (sud du pays), où il avait rapidement acquis une renommée nationale en animant l'émission La Loi et Nous. A l'image de son animateur, l'émission était connue pour être sans compromis à l'égard des autorités. Reporters sans frontières tient à remercier les personnes qui se sont mobilisées à travers le monde pour la libération de Shadi Mardiev en signant une pétition en faveur de sa libération, et en particulier la rédaction de France Culture qui parrainait le journaliste emprisonné. Reporters sans frontières tient à rappeler que Jusuf Ruzimuradov, journaliste ouzbek proche du journal d'opposition Erk, est toujours détenu en Ouzbékistan dans des conditions très difficiles, pour "tentative de renversement du pouvoir par la force", "participation à une organisation illégale" et "insulte par voie de presse" au Président. L'organisation de défense de la liberté de la presse se félicite de la libération de Shadi Mardiev, mais regrette qu'elle ne soit pas intervenue plus tôt, notamment parce que, pendant cette détention abusive, la santé de Shadi Madiev s'est détériorée.