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13 avril 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Sept ans après la mort de Slavko Curuvija, ses assassins n'ont toujours pas été identifiés


La famille de Slavko Curuvija, ancien directeur du quotidien indépendant Dnevni Telegraf et fondateur du magazine Evropljanin, a commémoré, le 11 avril 2006, le septième anniversaire de la mort du journaliste, abattu en pleine de rue de Belgrade, le 11 avril 1999. Après la chute de Slobodan Milosevic en octobre 2000, les autorités serbes avaient promis de faire la lumière sur cet assassinat. Le ministre de la Justice, Zoran Stojkovic, avait déclaré, en avril 2005, n'avoir aucun élément de preuves valables sur les circonstances de la mort de Slavko Curuvija, malgré la formation d'une commission spéciale d'enquête au sein de la police. Dans une lettre envoyée au ministre de l'Intérieur, Dragan Jocic, le 12 avril 2005, Reporters sans frontières avait demandé au ministre de réactiver l'enquête et de procéder à la recherche de témoins oculaires. Aucune réponse n'est parvenue à l'organisation à ce jour. « Nous demandons à nouveau aux autorités de ne pas laisser le crime de Slavko Curuvija impuni. L'Etat serbe a vraisemblablement une responsabilité dans la disparition de ce journaliste critique à l'égard du pouvoir et celle-ci doit être, aujourd'hui, cinq ans après la chute de Slobodan Milosevic, clairement établie. L'Etat doit reconnaître les erreurs du passé et retrouver les auteurs de cet assassinat qu'il a lui-même reconnu comme étant de nature politique», a déclaré Reporters sans frontières. Le porte-parole du bureau du procureur spécialement chargé de l'affaire, Tomo Zoric, a déclaré, le 10 avril 2006, que des progrès avaient été réalisés dans l'enquête sur l'assassinat de Slavko Curuvija, mais qu'ils restaient insuffisants pour faire toute la lumière sur ce dossier. Le frère de la victime, Jovo Curuvija, a déclaré à Reporters sans frontières que « les noms des assassins et ceux des commanditaires (étaient) connus, mais que les services secrets, en d'autres termes l'Etat, les (protégeaient) ». Le président Boris Tadic s'est dit mécontent que les assassins du journaliste courent toujours, sept ans après les faits. Il a également mentionné les noms de deux autres journalistes, Milan Pantic et Dada Vujasinovic, dont la mort n'a pas été élucidée. Slavko Curuvija, directeur des journaux Dnevni Telegraf et Evropljanin, avait été assassiné devant son domicile à Belgrade, le 11 avril 1999, en pleine campagne de l'OTAN en ex-Yougoslavie. Deux inconnus cagoulés avaient tiré plusieurs coups de feu sur le journaliste alors qu'il rentrait chez lui avec son épouse. Ses publications critiques à l'encontre du régime de Slobodan Milosevic lui avaient valu un harcèlement constant de la part des autorités. Le 6 avril 1999, quelques jours avant sa mort, le journaliste avait été qualifié de "traître" et accusé d'être favorable à l'attaque de l'OTAN dans un article de Ekspres Politika. L'ancien rédacteur en chef de ce journal, Djordje Martic, avait reconnu, le 14 avril 2001, que cet article avait été écrit sur commande de Mirjana Markovic, épouse de Slobodan Milosevic. Au début du mois de décembre 2003, le bureau du procureur spécialement chargé de l'affaire et celui pour la lutte contre le crime organisé avaient annoncé qu'un témoin oculaire avait identifié les suspects avec précision. Ils avaient ajouté que le crime était clairement de nature politique et que toutes les preuves seraient recherchées pour retrouver les assassins.